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	<title>Marseillerome's Blog</title>
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	<description>La vie c'est maintenant !</description>
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		<title>Si c&#8217;est mon CV qui vous a mené ici&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Oct 2009 21:55:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 0 : Si c'est mon CV qui vous a mené ici...]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai décidé de mettre ce blog en lien sur mon CV, ce qui signifie que des personnes liées à mon métier peuvent voir sans problème cette autre facette de moi. Certains proches me l’ont déconseillé, parce que je dévoile sans doute dans ces textes des morceaux de moi que l&#8217;on ne montre pas spontanément à [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=367&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-368" title="yin_yang" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/10/yin_yang.jpg?w=150&#038;h=150" alt="yin_yang" width="150" height="150" />J’ai décidé de mettre ce blog en lien sur mon CV, ce qui signifie que des personnes liées à mon métier peuvent voir sans problème cette autre facette de moi.</p>
<p>Certains proches me l’ont déconseillé, parce que je dévoile sans doute dans ces textes des morceaux de moi que l&#8217;on ne montre pas spontanément à un employeur. Ici s’exprime la part qui part en voyage, celle qui cherche et se perd, celle qui regarde et s’étonne, celle qui ne sait pas tout ni toujours. On y voit certaines de mes faiblesses, mes failles, mon coté tendre et fragile, mes larmes et ma fantaisie. Ces proches là pensent que « cela ne fait pas pro ».</p>
<p>D’autres au contraire m’y ont encouragé. Parce que c’est une façon différente de montrer ce que j’écris, mais aussi de mettre en lumière mon regard sur ce qui m’entoure, des morceaux qui font eux aussi partie d&#8217;une « personnalité ».</p>
<p>C’est eux que j’ai décidé d’écouter. Non pas parce qu’ils parlent plus fort mais parce que je pense comme eux que, même si le travail est une chose et  que le « privé » en est une autre, c’est malgré tout la même personne à chaque fois. Et qu&#8217;a priori, aucune de ces facettes n&#8217;a à rougir de l&#8217;autre.</p>
<p>Et puis le travail c’est quand même sept à huit heures de nos journées, ce n’est pas ce que j’appellerais une parenthèse ! Certains, paraît-il, y portent pourtant en permanence un masque qui dissimule tout ce qu’ils sont pour ne montrer que ce qu’ils imaginent que &laquo;&nbsp;l’autre&nbsp;&raquo; attend d’eux. J’admire cette capacité là mais ne suis pourtant pas sûre de l’envier. Et ne suis pas de ceux-là. J’aime mon métier et une part de cet amour vient du fait que je m’y réalise tout en réalisant. Comment arrive-t-on à ce bel équilibre si on se cache sans cesse ? Je l&#8217;ignore. Et je reste assez transparente. C’est la même femme qui travaille et qui rentre chez elle. La même qui donne de ton temps, de son envie et de énergie pour créer, exécuter, faire&#8230; Et qui passe ensuite le week-end à lire en écoutant le bruit des vagues ou avec ses amis à refaire le monde. Ou qui a consacré un an de sa vie à aller voir &laquo;&nbsp;l&#8217;ailleurs&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Cependant, je tiens à rappeler ici que ces plus de 20 chapitres sont et ne sont qu’un blog. Ce qui signifie par exemple que je n’ai pas travaillé les textes comme je le fais pour un roman ou un article. J’ai relu évidemment mais souvent sans y traquer les fautes, qu’elles soient d’orthographe de grammaire ou de style. J’en ai laissées beaucoup sans doute. Ce n’est pas 100% brut mais ce n’est vraiment soigné. C’était un carnet de voyage électronique, comme un album de photos, plus ou moins bonnes et plus ou moins cadrées, qui racontent à leur façon cette année particulière. Rien de plus. Rien de moins non plus.<img class="alignright size-thumbnail wp-image-369" title="cameleon-vert" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/10/cameleon-vert.jpg?w=150&#038;h=112" alt="cameleon-vert" width="150" height="112" /></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/marseillerome.wordpress.com/367/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/marseillerome.wordpress.com/367/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/marseillerome.wordpress.com/367/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/marseillerome.wordpress.com/367/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/marseillerome.wordpress.com/367/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/marseillerome.wordpress.com/367/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/marseillerome.wordpress.com/367/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/marseillerome.wordpress.com/367/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/marseillerome.wordpress.com/367/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/marseillerome.wordpress.com/367/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/marseillerome.wordpress.com/367/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/marseillerome.wordpress.com/367/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/marseillerome.wordpress.com/367/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/marseillerome.wordpress.com/367/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=367&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Au revoir…</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Sep 2009 16:50:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 28 : Au revoir...]]></category>

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		<description><![CDATA[Cela fait deux semaines que je suis de retour. C’était un peu étrange de voir à quel point les morceaux se recollaient facilement le matin de mon arrivée. J’ai reconnu les grues du Port de Marseille, celles qui sont éclairées en couleur et qui ne servent qu’au souvenir depuis que le site fut refait et [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=354&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-357" title="grues_1" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/09/grues_1.jpg?w=150&#038;h=150" alt="grues_1" width="150" height="150" />Cela fait deux semaines que je suis de retour. C’était un peu étrange de voir à quel point les morceaux se recollaient facilement le matin de mon arrivée. J’ai reconnu les grues du Port de Marseille, celles qui sont éclairées en couleur et qui ne servent qu’au souvenir depuis que le site fut refait et son activité modifiée et je me suis dit :</p>
<p>- &laquo;&nbsp;Tiens, déjà, c’est Marseille&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Je suis sortie du bateau, j’ai traversé la ville qui se réveillait elle aussi. J’ai garé mon scooter où je l’attachais un an avant. J&#8217;ai pris un café au Longchamp Palace, fait la bise au patron qui m’a demandé comment j’allais, comme si je l’avais quitté la semaine d’avant, tout pareil !</p>
<p>Depuis ? je ré-apprivoise ma ville qui se laisse faire, je revois mes amis, je dîne, j’aperitive, je prends des cafés. J’ai l’impression de ne pas être partie.</p>
<p>Mais pourtant si. D’abord parce que je ressens des manques. Le premier c’est celui de la langue. Cela faisait un an que j’entendais parler italien au quotidien et un an que j’essayais de répondre dans cette même langue. Et là, d’un coup, cela fait un vide réel que je comble quelquefois par des mots et des expressions que je m’autorise à dire encore.</p>
<p>Les amis vrais me manquent aussi. Je sais en plus que ce qui se construisait depuis peu sur un quotidien se perdra lentement dans la distance. Je le sais par expérience que les amitiés de « courte date » ne résistent pas souvent à cette épreuve. Et cela me rend triste. Même si je pense qu’il y a parfois des surprises et que je les souhaite de tout cœur.</p>
<p>Et puis, je vois aussi que je suis partie aux changements à l’intérieur de moi, à mon regard nouveau sur tout ce que je connaissais, à commencer par moi. J’ai changé, évolué. Je me suis transformée au travers de mes mues. Un petit peu au moins. J’ai l’impression d’être devenue adulte. Je sais, c’est un peu pompeux comme déclaration mais, c’est ce que je ressens. Cela ne s’est peut-être pas fait en un an d’ailleurs. Car en fait d’un coup je réalise que ça ne fait pas 11 mois mais 11 ans que je me déplace, du nord au sud. J’ai lâché beaucoup en voyage, jusqu’aux derniers objets que je possédais. J’ai laissé partir sans doute d’autres choses, moins visibles, plus intimes. De moi il ne reste « que » moi. Ou alors il y a « tout » moi, Une épure ou un concentré, je ne sais trop&#8230;</p>
<p>Je l’ai découverte récemment cette transformation, en sortant de mon pays et en y retournant, mais elle doit se faire depuis longtemps, même si je ne le voyais pas si clairement ; j’étais sur la route… Sur la route on fait attention aux paysages, aux panneaux et aux croisements. A la jauge d’essence aussi. Mais ni au moteur ni à la carrosserie. On peut y penser mais on ne les regarde pas. Ca c’est pour avant et après. Ca c’est maintenant.</p>
<p>Maintenant j’ai l’impression de m’être rencontrée un peu. Un peu plus. Un peu plus précisément j’ai compris qui je suis, ce que je veux. D’où l’expression « va voir là bas si j’y suis ». Comment ? Evidemment que je plaisante ! Comme quoi il y a quand même des constantes !</p>
<p>Mais ce blog n’en est pas une et je sens qu’il touche à sa fin, même si je la retarde tant que je peux. Deux semaines que je traîne, que je me dis « je vais écrire », mais il n’y a plus d’histoires à écrire, plus qui ne fassent partie de cette aventure là. Je l’ai vu aux débuts de textes que j’ai rédigés et qui sont restés en panne seiche.</p>
<p>Alors, comme c’est la fin, je repense à tous ces mots que j’ai déposés là. Je repense à tous ces mois et je me dis que le plus important dans tout cela c’était l’humain.</p>
<p>Je repense à ma vie italienne et ce sont des prénoms, des regards, des gestes et des sourires qui me viennent. De certains j’ai parlé ici. Il y en eut d’autres que j’ai gardés pour moi.</p>
<p>Je repense à ce qui m’a manqué là bas et ce sont encore des prénoms qui arrivent, des gestes, de la chaleur, ceux de ceux que j’ai retrouvés depuis.</p>
<p>Et puis je repense à vous qui êtes venus me lire, régulièrement. Je ne connais pas les visages de tous mais j’ai senti votre présence, à vos yeux sur mes textes, à vos &laquo;&nbsp;clics&nbsp;&raquo; que je consultais chaque fois avec un vrai plaisir. Je pense à votre accompagnement tout au long du chemin, cette chaleur curieuse et bienveillante que j’ai un mal incroyable à quitter. C’est fou comme ça me rend triste. Je n&#8217;avais pas pensé que ce serait si dur.</p>
<p>Mais je vais finir pas le dire et surtout par l’accepter que cette aventure écrite là se termine. Elle s’appelait Marseille Rome mais de Rome j’en suis partie. CQFD !</p>
<p>Je recommencerai peut-être autre chose, une autre aventure ou d’autres écrits. Depuis quelques jours je pense à un roman qui raconterait cette année écoulée, mais de façon différente de ce blog. Pour l’instant il n’en existe que le titre et la première page. Tout reste à faire. Je vous dirai si vous voulez… Ecrivez le moi si vous le voulez. Je vous ferai signe, promis.</p>
<p>Mais aujourd’hui je vous écris au revoir. Parce que c’est le dernier texte de ce blog je crois. Mais aussi et surtout parce que ça signifie qu’on se reverra… <img class="alignright size-thumbnail wp-image-356" title="ac rome recadré cv net b2008-06-03" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/09/ac-rome-recadre-cv-net-b2008-06-031.jpg?w=136&#038;h=150" alt="ac rome recadré cv net b2008-06-03" width="136" height="150" /></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 16 septembre 2009</em></p>
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		<title>Mue</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Sep 2009 12:59:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 27 : Mue]]></category>

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		<description><![CDATA[Mer bleue sombre, entre deux terres, entre deux ports. J’ai fait escale à Bastia, une île à l’identité particulière qui convient bien à mon entre deux. J’y ai réentendu parler français par tous les gens qui m’entouraient. Ca m’a fait drôle. Et j’ai alors réalisé que demain… Je ne parlerai plus italien à la caisse du [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=347&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-348" title="ac bateau sicile 2" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/09/ac-bateau-sicile-2.jpg?w=150&#038;h=120" alt="ac bateau sicile 2" width="150" height="120" /></p>
<p>Mer bleue sombre, entre deux terres, entre deux ports. J’ai fait escale à Bastia, une île à l’identité particulière qui convient bien à mon entre deux. J’y ai réentendu parler français par tous les gens qui m’entouraient. Ca m’a fait drôle. Et j’ai alors réalisé que demain…</p>
<p>Je ne parlerai plus italien à la caisse du supermarché, ni dans les rues avec les inconnus à qui je demande mon chemin, ni au bar que j’appelai désormais café…</p>
<p>Je n’irai plus courir sur les bords du Tevere. Je ne répondrai plus <em>pronto </em>mais <em>allo </em>au téléphone. Je ne longerai plus le <em>Circo Massimo</em> la nuit et ne constaterai plus qu’il y fait décidément plus frais que dans le reste de la ville. Je ne poserai plus mes yeux sur des centaines de murs teints de sublimes ocres orangés. Je ne passerai plus ni devant Castel San Angelo ni devant le Coliseum en constatant à quel point ils sont immenses. Je ne proposerai plus d’aller manger <em>un gelatto </em>mais dirai désormais qu’on pourrait aller boire un verre. Je ne penserai plus à avoir toujours sur moi un billet de 5 euros <em>per la benzina</em> du scooter délivrée par des automates qui se moquent royalement que je risque ou pas la panne seiche. Je n’irai plus à Ostia voir la mer. Je ne dirai plus <em>ciao </em>quand je rencontrerai quelqu’un mais n’utiliserai ce mot que pour dire au revoir. Je ne prendrai plus d’apéritif à la milanaise et ne paierai plus le café 70 cents. Je ne dirai plus <em>stronzo </em>à quiconque (pas très grave vu la signification de cette « douce » insulte). Je n’habiterai plus dans la ville la plus belle du monde.</p>
<p>Je lis la mer qui défile de droite à gauche derrière les barreaux du bastingage et Cabrel chante « la vie me donne ce que j’attends d’elle » dans les écouteurs reliés à mon lecteur mp3. J ‘entends des brides de la conversation au téléphone de la jeune femme française, derrière moi. Elle se plaint. Evidemment :  elle est française !</p>
<p>Demain je roulerai sur la corniche et en tournant la tête coté mer je verrai les îles du Frioul. Autour de moi les gens boiront du pastis. Je saurai différencier un accent du sud d’un accent du nord. J’aurai un numéro de téléphone portable qui commence par 06. Je n’aurai plus besoin de me dire, affolée : « chez nous l’autoroute c’est bleu alors ici c’est vert, donc je dois suivre le bleu », quand je fais de la route, terrorisée à l’idée de me retrouver sur une voie trop rapide. Aux croisements en ville je n’aurai plus de deuxième feu tricolore à mon intention de l’autre coté du carrefour pour m’éviter de me dévisser la tête.</p>
<p>Un jour je reverrai la Seine. Je saurai certainement cette année qui aura gagné les Victoires de la Musique même si ça continuera à m’être relativement égal. Je saurai ce qui sort au cinéma en regardant les culs des bus. J’irai à Monop’. Je rejouerai des percussions.</p>
<p>Si je veux, je lirai ELLE et j’aurai le recul nécessaire pour comprendre ce qui se porte et ce qui n’est qu’une tendance. Si je veux je ne lirai pas ELLE. Je mangerai toute l’année des tomates sans goût et quelquefois du pain délicieux. J’achèterai des yaourts conditionnés dans des pots de 125cl. Je comprendrai quelque chose à mon abonnement téléphonique. Je râlerai quand ça ne me plait pas. Je saurai faire la différence entre une qualité, un défaut et une différence culturelle. Je jouerai encore des percussions.</p>
<p>Le soleil se couche du coté de Marseille et le ferry envoie sa fumée noire vers l’Italie.</p>
<p>Demain je croiserai peut-être des gens que je connais dans la rue. Je dirai « je vais à la Plaine » et ça ne me posera aucun problème que ce nom ne figure sur aucune carte de Marseille. Bientôt j’irai dans les Calanques. Chaque jour j’aurai peur de m’être fait piquer mon scooter dans la nuit. Je verrai des gens cracher dans la rue et des coiffures d’hommes d’un ridicule qui ferait mieux de tuer pour une fois.</p>
<p>Je regretterai de ne pas avoir appris à faire la pâte à pizza et la pâte sans œuf. Je m’achèterai enfin du rosé et je le boirai avec grand plaisir. Je ne boirai plus de <em>Nero d’Avola</em>. Je jouerai encore et encore des percussions.</p>
<p>Le soleil est passé derrières les dernières îles.</p>
<p>Demain je dirai : l’Italie c’est très beau en vacances mais y vivre c’est tout autre chose. Par cette phrase je serai comme une « vraie » italienne qui parle. Mais pourtant demain je serai à Marseille, en France, « chez moi ».</p>
<p>Demain je ne serai pas chez moi mais chez un copain qui n’y est pas. Une nouvelle transhumance commencera. Je ne sais pas encore très bien ni vers où ni comment sera mon pâturage d’hiver mais, j’y vais : Maintenant, demain, après-demain… je crois qu’en hiver ce n’est pas le pâturage justement, mais le retour vers l’étable, dans la vallée, au chaud. J’aime cette idée.</p>
<p>Demain je recopierai cet étrange texte écrit sur le bateau et ensuite peut-être je commencerai à entrer dans ma nouvelle peau.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 02 septembre 2009</em></p>
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		<title>Sans titre</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Aug 2009 15:02:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 26 : Sans titre]]></category>

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<p>En réalité, le titre aurait pu être « je rentre ». Mais si tout est écrit dans le titre, inutile d’aller plus loin ! Il faut un minimum de suspens, non ? Et puis j’aime bien « sans titre », comme titre. De façon un peu capillo-tractée, on peut dire qu’il dit l’exacte vérité, car je ne l’ai pas eu mon « diplôme d’italienne ». J’ai bien suivi l’année mais je n’ai pas eu le titre, vu que je ne me présenterai pas l’examen.</p>
<p>Car oui, c’est décidé, je rentre. Début septembre. Maintenant c’est tranché. On dit qu’il faut un an pour être sur que la greffe a pris. Je serai restée 11 mois. J’aurai tenté l’expérience, je l’aurai même vécue et maintenant je crois que je sais. Pas envie de prendre racine ici. Pas faite pour vivre hors de mon pays ! En tous cas pas ici. Pas maintenant. Pas !</p>
<p>Parce que vous savez quoi ? Ma petite France ronchonne et hexagonale, où gnagnagnagnagna toute la journée, où on milite, où on manifeste, où on critique, où on grève, et bien elle me manque. Et pourtant je sais, et plus encore maintenant je crois, à quel point on est pénible ! On fait la Révolution, on brûle nos soutiens-gorge (c’est idiot, c’est très utile un soutien-gorge),  on prend la Bastille, on bloque les autoroutes&#8230; On est connus pour ça, dans le monde entier.</p>
<p>- « <em>Ah, vous les français </em>»&#8230; combien de fois l’ai-je entendu ce bout de phrase avec, dans la voix, 50% d’admiration et 50% d’exaspération.</p>
<p>Je le sais mais&#8230;elle me manque cette France. Peut-être pas pour ces mêmes raisons qui ont fait que j’ai voulu voir ailleurs. Parce que ça saoule quand même ce coté jamais satisfait, que l’on soit natif ou pas. C’est pour ça que j’ai voulu sourire plus large.</p>
<p>J’ai voulu&#8230;Et je l’ai fait ! Et ça m’a plu. Et oui, quand même ! J’ai aimé la joie de vivre quoi qu’il arrive, j’ai aimé la chaleur humaine, j’ai aimé les plaisirs simples dont on sait manifestement mieux jouir ici que « chez nous » mais&#8230;</p>
<p>Mais depuis peu, par petites touches, j’ai compris qu’il me manquait ces choses qui doivent être mes racines. A moins que ce ne soit la terre dans laquelle elles se sentent « à leur place ». Je ne saurais dire où est le plus grand vide mais il me manque par exemple&#8230; L’enfance commune avec les gens qui m’entourent, des détails comme d’avoir partagé les mêmes Chapi Chapo quand on était petit, comme de savoir ce que c’est que la famille Ricorée C’est idiot ?</p>
<p>Il me manque aussi une façon penser, de défendre ses idées. Peut-être, même si j’ai du mal à comprendre moi même ce que cela sous entend, me manque la « cérébralité » de mon pays, cette notion aux contours flous que l’on évoque parfois lorsque l’on parle du « cinéma français ».</p>
<p>Il me manque de savoir me défendre aussi, sans doute. De savoir que j’ai des droits&#8230; qui obéissent à des lois&#8230;que je sais trouver&#8230; et faire appliquer.</p>
<p>Il me manque&#8230; je crois qu’il me manque d’être « chez moi ». Je me pensais européenne, j’ai réalisé que je suis française.  Et bien oui : la grande voyageuse a aussi sa petitesse !</p>
<p>Cela dit,  cette vie « hors de chez moi » fut utile pour comprendre ce que ressent « l’étranger ». Vous me direz que ce n’est pas forcément nécessaire (encore que), mais ça changera certainement mon comportement avec les autres. Parce qu’il y a des réactions que j’espère avoir le moins possible désormais, parce que je sais à quel point elles peuvent meurtrir une personne. Même si dans mon cas la sensation fut la plus légère possible&#8230;</p>
<p>J’ai vécu (j’y vis encore pour huit jours d’ailleurs) en Europe, dans un pays « blanc » comme le mien, voisin du mien, à la culture occidentale comme la mienne. Mais pourtant, une fois ou deux, par petites taches presque invisibles, j’ai compris que l’autre pensait : t’es pas d’ici alors tu t’adaptes ». C’est vrai d’ailleurs, enfin je veux dire, je partage ce point de vue : Si l’autre vient chez moi, que ce « chez moi » signifie ma maison ou mon pays, c’est à lui de s’adapter aux coutumes, cultures, règles, heures de repas, etc. Ca me semble normal. Et lorsque c’est moi « l’autre », il me semble tout aussi normal de m’adapter aussi. Mais, plus loin que l’adaptation il y a la transformation, celle sans laquelle il n’y aura jamais d’appartenance, sans laquelle on n’« en sera » jamais.</p>
<p>Or j’ai touché du doigt que l’on ne fait pas partie d’un pays, on ne devient pas « un parmi les autres » si on continue à faire des fautes, à comparer, à revendiquer sa différence. Parce qu’arrive un moment où le natif n’accepte plus. Parce que, après un temps plus ou moins long, il n’a plus envie de faire l’effort d’essayer de nous comprendre, avec nos fautes, notre accent, nos différences. Et où il ne trouve plus cela charmant mais juste agaçant. Arrive le moment où soit on est « d’ici » et alors on est « comme lui », soit on est « d’ailleurs » et alors, on reste « l’étranger ». Pas d’autres alternatives. Et ce, même si son pays on l’aime, on a quitté le sien pour cela, on a appris sa langue, on, on, on. Ca ne suffit pas. C’est comme ci ou c’est comme ça. Simple. Clair. Précis.</p>
<p>Et bien je l’ai vécu ! Moi la blanche multi ethnique, qui a du sang d’un peu partout, qui sait se fondre dans tous les milieux socioprofessionnels, qui a un pied à défaut du cœur dans deux religions différentes, j’avoue que je l&#8217;ai ressenti ce rejet. Je ne l’aurais jamais pensé. Je ne me sentais pas concernée. C’est peut-être innocent ou même irresponsable mais, ce n’était pas personnellement mon problème. Point. Même au cours de tous mes voyages, on m’a soit prise pour une locale, soit regardée comme la française, mais du coté exotique. Jamais je n’avais été « l’autre » Jusqu’à récemment. Et je dois dire que de le vivre, ce n’est pas agréable du tout ! Pour exprimer cela de façon légère (&#8230;)</p>
<p>Cela dit, dans mon cas ce fut peut-être aussi une chance, celle de comprendre que tout au fond de moi je n’avais pas vraiment envie de me transformer à ce point, de renoncer à mon pays. J’avais envie d’être intégrée tout en restant d’ailleurs. C’était important de le comprendre. J’avais envie de ce qui ne se peut peut-être pas&#8230;</p>
<p>Alors, une fois cette ambivalence constatée, j’ai pensé :</p>
<p>- « je suis née en France, c’est mon pays, je réalise que l’aime et que j’y suis bien malgré tout. Même si j’ai aussi le goût d’aller souvent voir ailleurs ».</p>
<p>Et, comme j’ai la chance de pouvoir y retourner quand je veux et simplement parce que je le veux, je me suis dit qu’il était peut-être temps de considérer cette éventualité.</p>
<p>C’est donc ce que j’ai fait&#8230;</p>
<p>Je ne sais pas quoi répondre lorsque l’on me demande pourquoi j’ai décidé de rentrer maintenant  Je ne sais pas si c’est ceci, cela, si c’est le reste. Si c’est une chose en particulier ou si c’est une accumulation de &laquo;&nbsp;presque rien mais pas rien quand même&nbsp;&raquo;. Je ne sais pas non plus  si, avec des conditions différentes, j’aurais choisi de rester. Simplement parce que les conditions sont celles que je vis.</p>
<p>Cela dit je suis contente, je dirais même fière de moi. J’avais peur de partir. Avant cette décision prise il y a un an, je pensais être incapable de vivre au delà des frontières de l’hexagone. C’était ma limite. Mais j’ai essayé, pour être sure, je suis allée au bout de mon « truc ». Je dis truc ici à dessein, parce que je ne sais pas si c’était plus un rêve, un désir, une envie, un défi. Mais j’aime penser que je l’ai fait. Je suis venue, j’ai vu, j’ai vaincu. En tous cas mes doutes, mes peurs. Des victoires à échelle humaine.</p>
<p>Aujourd’hui j’ai pris mon billet pour faire le voyage dans l’autre sens. Le 31 août prochain je quitterai Rome avec mon scooter, je roulerai jusqu’à Piombino. Un voyage en deux jours pour ne pas me stresser. Puis là je prendrai le bateau pour Bastia. Ensuite je changerai de ferry et embarquerai pour Marseille. Un voyage un peu compliqué parce que la traversée que j’avais faite à l’aller a été supprimée. En même temps je ne suis pas à deux jours près ! Mes valises suivront plus tard. Eh ! C’est que je ne rentre pas de week-end mais après un an de vie. J’ai beau ne rien avoir où presque, ça finit par faire du volume ! Donc <em>piano piano</em>. C’est compliqué mais pas difficile. Il faut juste s’organiser. Coup de chance, ça fait partie de mes qualités le sens de l’organisation !</p>
<p>Je pense que j’écrirai encore sur ce blog une fois arrivée de l’autre coté. La fin du voyage ne s’arrêtera sans doute pas à la frontière. Je raconterai ici sans doute le retour. On reste en contact. En tous cas moi j’écrirai. Ne serait-ce que parce que ce rendez-vous ici, je ne peux pas l’arrêter comme ça, d’un coup, Il fait partie de mon quotidien. Et vous aussi avec votre regard qui me lit.</p>
<p><em>Quindi&#8230;ci sentiamo presto, va bene ?</em></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 24 août 2009</em></p>
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		<title>Le beurre et l’argent du beurre</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Aug 2009 18:57:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 25 : Le beurre et l&#039;argent du beurre]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a une théorie, ou une croyance ou une pseudo science qui dit que si on visualise bien un rêve ou un projet, avec les détails, les couleurs et tout et tout, et bien cette chose là se réalisera. J’ai tendance à croire à ces choses là. Pas comme de la magie mais comme [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=329&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-330" title="beurre" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/08/beurre.jpg?w=150&#038;h=100" alt="beurre" width="150" height="100" />Il y a une théorie, ou une croyance ou une pseudo science qui dit que si on visualise bien un rêve ou un projet, avec les détails, les couleurs et tout et tout, et bien cette chose là se réalisera.</p>
<p>J’ai tendance à croire à ces choses là. Pas comme de la magie mais comme à une façon concrète de tracer sa route, au début sur une feuille de papier, puis en 3 D jusqu’à ce qu’on la connaisse au point d’être prêt à la construire, puis de la parcourir, jusqu’au but. Finalement, cela s’appellerait presque du bon sens.</p>
<p>Vu que c’est l’été, bientôt le 15 août et que il n’y a pas grand chose à faire d’autre, pourquoi ne pas faire l’expérience. A la façon « petit scientifique ». On essaie, et on voit si ça marche.</p>
<p>Il se trouve que je suis dans un période de réflexion intense. Bon, en interne je dois vous dire qu’elle est longue, tortueuse, pleine de dénivelés et pas des plus lisses cette réflexion, à la façon &laquo;&nbsp;grand vertige&nbsp;&raquo;. Mais enfin je peux vous la résumer ainsi : Et si je rentrais ? En France je veux dire. Et oui, tout arrive ! Même ce qui semblait impossible il y a peu. Et même ce qui semblait définitivement impossible car&#8230; dans mon questionnement sur un retour possible&#8230;j’en suis même arrivée à « et si je rentrais à Paris » !</p>
<p>Bon, je vous le dis tout de suite, ce n’est pas que je rêve de Paris nuit en jour. C’est que j’y ai vécu longtemps dans cette ville. Et pour moi, Paris ce n’est pas le Pont Alexandre III illuminé dans la nuit, ce n’est pas la Tour Eiffel qui scintille, ce n’est pas la culture possible pour tous et partout, ce n’est pas les massifs fleuris du Jardin des Plantes, ce n’est pas la rue de Buci le dimanche matin, ce n’est pas marcher sur les quais de la Seine après la pluie pour entendre les oiseaux chanter, ce n’est pas la possibilité de tout faire, de tout trouver, n’importe quoi et n’importe quand, ce n’est pas un concentré d’intellectuels, éveillés par un désir et un plaisir à penser, à réfléchir, à lire et à confronter leurs idées comme je n’en ai jamais trouvé ailleurs&#8230;. &#8230; &#8230;  Ah ben si tiens, c’est ça aussi ! Mais malheureusement, c’est également et avant tout :  la pluie 300 jours de l’année, le froid humide, les pieds trempés, un ciel bas à rendre triste le plus joyeux de tous, l’agressivité et le stress qu’on y développe tous. Et oui. Je n’ai pas oublié !</p>
<p>Seulement&#8230; seulement c’est aussi une ville où je peux encore trouver du travail, non seulement qui paie mon loyer mais que j’aime vraiment, qui m’épanouisse, etc. Certes ce n’est pas facile, mais enfin c’est possible. Ce que je ne peux pas dire de nombreuses autres villes !</p>
<p>Et ça, l’idée de faire cinq jours par semaine le boulot qui me plait et pour lequel je suis faite et de plus, pour un salaire décent, ça commence à compter. Je n’ai pas dit que c’est vendu, mais ça compte&#8230;</p>
<p>Il se trouve que j’ai lu le week-end dernier une offre d’emploi à Paris, non seulement correspondant à mon profil, mais aussi dans le secteur du voyage. Ceci sous entendant, et personnellement je l&#8217;entend très fort, « possibilités de me déplacer vers le soleil avec une belle régularité ». Et c’est à ce moment que j’ai pensé « alors à ces conditions, pourquoi pas Paris ».</p>
<p>Pour ceux qui me connaissent, c’est un moment incroyable que je vous narre là. J’avais juré que JAMAIS, JAMAIS, JAMAIS je ne retournerais vivre à Paris. Comme quoi on a raison de dire que « il ne faut pas jurer » ! Mais c&#8217;est à dire que Paris, avec le Pont Alexandre III illuminé, les marches le long de la Seine, la culture et la réflexion, mais aussi et SURTOUT avec la possibilité d’aller, disons une fois par mois, retrouver la mer le soleil, c&#8217;est une autre histoire, non? Si !</p>
<p>Non ce n&#8217;est pas &laquo;&nbsp;trop&nbsp;&raquo; beau. Il n’y a rien de trop beau. Il est juste des choses, des moments, des idées, des projets, des soirées beaux ou belles, et parfois très. Mais trop, non ! Pourquoi serait-ce trop ? C’est vrai quoi ! Quand on a une vie toute en extrêmes, et je sais de quoi je parle, on a le droit aussi au très beau. Et oui. « J’ai payé j’y ai droit ».</p>
<p>Et alors j’y pense&#8230; A retrouver un poste en agence, avec des gens qui fonctionnent un peu comme moi, qui apprécient mon travail et mon talent à ma juste valeur. A, pourquoi pas, racheter un appartement, évidemment beaucoup plus petit que celui que j’avais à Marseille, mais finalement beaucoup plus grand que les chambres que je loue à prix d’or à Rome. Et à me sauver un vendredi sur 4 en direction de Marseille, pour mes amis que j’ai là et qui me manquent énormément, pour mon groupe de percutions avec lequel je pourrais même imaginer répéter à nouveau, pour le bleu du ciel et de l’eau, pour la vue sur le Frioul&#8230;. Et pourquoi pas finalement?</p>
<p>A moins que je n’achète pas à Paris mais un pied à terre à Marseille. Un placement comme on dit, où j’irais moi aussi me placer le plus souvent possible.</p>
<p>Et puis je pourrais m’échapper ailleurs d’ailleurs quelquefois aussi ? Si vous bossez dans une boucherie, le samedi soir vous pouvez emporter chez vous le gigot invendu. Si vous bossez dans un groupe qui communique sur le voyage, le vendredi vous pouvez vous envoler pour Porto, Formentera ou Barcelone. Et cette idée là&#8230; Rien qu’à y penser je souris.</p>
<p>Pourquoi je vous raconte ça ? Je ne sais pas moi. C’est vrai que ce n’est pas si intéressant, en soit, pour vous. Mais c’est bientôt le 15 Août, il y a dans l’air une langueur à laquelle je n’échappe pas, alors je me regarde le nombril.</p>
<p>Et puis aussi, je réfléchis à « mots écrits », je réfléchis au sens du voyage, de ce voyage je fais depuis 11 ans. A son but&#8230; à son sens&#8230;, au fait que ce serait peut-être ça finalement, le sens :  Aller ailleurs pour comprendre qui on est&#8230; ce que l’on veut&#8230; et où&#8230; et comment&#8230; et avec qui&#8230; et pourquoi.</p>
<p>Il y a des gens qui font une psychanalyse pour cela. Je l’ai fait aussi d’ailleurs, en d’autres temps. C’est un autre voyage. Et puis il y a les voyages au cours desquels on se déplace physiquement. De Paris à Blois. De Blois à Tours. De Tours à Marseille. De Marseille à Rome.</p>
<p>A ceux qui me demandent après quoi je cours&#8230;ou à moi qui le me demande quelquefois aussi je pense aujourd’hui qu’une réponse possible pourrait ressembler à celle-là. Au fait que parfois on a besoin d’un ailleurs pour lentement toucher du doigt le quoi, le comment, le avec qui et le pourquoi.</p>
<p>Cela dit, peut-être que dans une semaine je vous dirai que Paris « ah non alors » ! Et que désormais je veux aller à Tokyo. Ca m’étonnerait, en tous cas pour Tokyo mais si la vie ne nous étonnait pas de temps en temps, elle serait d’un ennui !</p>
<p>En attendant j&#8217;ai répondu à l&#8217;annonce. Et avec vous j&#8217;ai visualisé. Alors d&#8217;ici quelques semaines, je vous dirai si la théorie fonctionne&#8230;</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 12 août 2009</em></p>
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		<title>Un peu de tourisme pour une fois&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Aug 2009 13:40:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 24 : Un peu de tourisme pour une fois]]></category>

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		<description><![CDATA[Et si on faisait un peu de tourisme&#8230; C’est vrai quoi, je vis à Rome et jamais je vous mène par les mots admirer les beautés de la ville. Bon, quand j’écris «jamais » j’exagère&#8230; mais enfin c’est vrai que c’est quand même rarement. C’est que je n’aime pas le tourisme je crois. Je préfère [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=305&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-306" title="Roma-Piramide_Cestia" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/08/roma-piramide_cestia.jpg?w=150&#038;h=111" alt="Roma-Piramide_Cestia" width="150" height="111" />Et si on faisait un peu de tourisme&#8230; C’est vrai quoi, je vis à Rome et jamais je vous mène par les mots admirer les beautés de la ville. Bon, quand j’écris «jamais » j’exagère&#8230; mais enfin c’est vrai que c’est quand même rarement. C’est que je n’aime pas le tourisme je crois. Je préfère la déambulation : marcher au gré du vent, le nez en l’air et voir où cela me porte&#8230;Mais enfin vendredi dernier j’avais décidé de « f<em>aire un tour</em> », d’aller &laquo;&nbsp;<em>visiter quelque chose&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p>Vous allez peut-être penser que je suis macabre car, je sais, c’est la seconde fois que je vous emmène au cimetière. Mais pour moi ce n’est pas ni triste ni angoissant un cimetière. J’ai appris à les aimer aux Baléares. Je suis souvent allée à Formentera au cours de 10 années de ma vie et il y a là, derrière un mur de pierres sèches, parmi les oliviers, un joli cimetière avec vue sur la mer. Je passais devant en vélo avec une femme au caractère libre et sauvage qui fumait le cigare et s’appelle Marie. A l’époque en tous cas, elle aimait les cimetières et a su m’en montrer la beauté là où auparavant je ne voyais que des morts glacés et un monde souterrain d’asticots affamés. Depuis, donc, je les aime et lorsque j’en découvre un nouveau il me rappelle aussi le charme de Formentera.</p>
<p>Ici à Rome il y a une pyramide qui est en soit assez surprenante, parce qu&#8217;en Italie, et qui est la tombe d’un romain du XIIème siècle je crois, qui se la fit construire comme dernière demeure. Derrière elle, au cours de l’Histoire, furent ajoutées d’autres tombes nettement moins extraordinaires, jusqu’à ce que la zone devienne un &laquo;&nbsp;cimetière&nbsp;&raquo;. Les guides d’aujourd’hui en parlent comme d’une particularité et, je ne sais pourquoi, vendredi j’eus envie d’y aller.</p>
<p>Ce qui est d’abord étonnant c’est que, avant ce jour, j’eus beau passer à <em>Piramide </em>(c’est le nom du quartier) une centaine de fois, le cimetière je ne l’avais jamais vu. On y entre par une petite rue de coté, une rue de campagne avec des maisons individuelles, pour quelques unes dégingandées, et des hangars à voitures. Sur la grille il s’appelle le « <em>cimetière des étrangers non catholiques </em>». C’est écrit en anglais et en italien. Et aussi qu’il faut en payer l’entrée sous forme de « don » d’un minimum de 2 euros. C’est bien la première fois que l’on me demande de payer pour aller visiter les morts. Il ne manquait plus que ça ! La grille était ouverte alors je suis entrée.</p>
<p>La première chose qui saute aux yeux c’est que tout est serré là dedans. Les pierres, les arbres, et le chant des cigales. C’est fouillis comme dans un jardin anglais, avec des allées étroites qu’on ne voit presque plus tant elles sont recouvertes de feuillages et de fleurs. Et joyeux comme le désordre lorsqu&#8217;il est fait d&#8217;allégresse. Ce qui, j&#8217;en conviens, ne va pas forcement avec l&#8217;idée que l&#8217;on se fait d&#8217;un cimetière, mais cette idée n&#8217;est de toutes façons pas la mienne comme je vous l&#8217;ai dit.</p>
<p>Si fouillis que ce soit, cela n’a pas l’air abandonné du tout. Simplement planté avec enthousiasme et générosité. Il y a des arbres pour l’ombre qui, entre leurs feuilles vertes, laissent passer de gros points de soleil qui s’arrêtent sur les tombes et s’y balancent doucement. Il y a des arbustes de toutes espèces dont certains pleins de fleurs, il y a des herbes, des baies, des cailloux bref, il y a de la vie là dedans !</p>
<p>Bien que le cimetière soit dit « non catholique » il y a aussi des croix, avec les deux branches perpendiculaires qui démentent ce qui est écrit sur le portail à l’entrée. Il y en a d’autres avec trois branches je crois, dont une en diagonale, puis des étoiles de David, puis encore d&#8217;autres représentations religieuses sans doute mais, ne les connaissant pas, je ne les ai pas reconnues !</p>
<p>Au fond, dans un angle, à coté de l&#8217;administration il y a aussi la tombe d&#8217;un chat, preuve qu&#8217;on est très ouvert dans ce cimetière là ! il s&#8217;appelait Roméo si j&#8217;en crois l&#8217;inscription, mort en 2006 et eut droit comme les autres à sa pierre, sa photo et même à sa porcelaine en forme de chat. (&#8230;)</p>
<p>Et puis il y a des anges : des petits, des plus grands, les ailes déployées ou alors repliées, beaucoup d’anges je trouve dans ce cimetière-ci. Ils ont du se reproduire à l’abri des buissons !</p>
<p>J’aime bien lire sur les tombes ce qu’on y a gravé. Une façon de faire connaissance. Il y a des gens de partout : des français, des allemands, des anglais, des grecs, des américains, des arméniens et aussi des italiens. Comme quoi le &laquo;&nbsp;<em>cimetière des étrangers non catholiques</em>&nbsp;&raquo; ne porte pas bien son nom ! On ne peut se fier à rien, moi je vous le dis !</p>
<p>A beaucoup de patronymes on a accolé la profession du défunt. Pas mal d’artistes je trouve ici. Sculpteurs, architectes, musiciens, poètes. Mais aussi un archéologue, un Préfet, un chargé d’affaires (étrange non, de lire ça sur une tombe &laquo;&nbsp;ici repose Robert Dugenou, chargé d&#8217;affaire&#8230;&nbsp;&raquo; Non? Moi je trouve que ça sonne bizarre mais bon&#8230;  j’aime quand même beaucoup ces petites histoires inscrites dans la pierre, elles parlent tellement de l’humain !</p>
<p>J’ai découvert ensuite que le cimetière ne s’arrête pas là. Au fond d’une allée il y a une ouverture dans le mur. Et on arrive dans une seconde « pièce ». Au contraire de la première, ici les morts ont de la place. Il y a une grande pelouse et ça et là, comme des fleurs isolées, quelques plaques de pierre claire. Ainsi est la dépouille d’un duc de la couronne d’Angleterre&#8230; celle du dernier compagnon de John Keats. Quelques autres personnes encore. Peu.</p>
<p>En sortant j’ai lu sur une plaque scellée dans le mur que Keats lui même repose sous ce gazon entretenu. Mais j’avoue que je ne l’ai pas vu. Je n’ai jamais lu Keats je crois, c’est peut-être pour ça&#8230;</p>
<p>J’ai retraversé le cimetière « à l’anglaise », repassé le portail sur lequel on m’a rappelé, sur la face B aussi, que j’aurais dû payer. J’ai longé le long mur, coté rue cette fois. Pensé que toute bucolique qu’elle soit, cette &laquo;&nbsp;<em>via</em>&nbsp;&raquo; doit avoir, la nuit, une drôle d’atmosphère. Et peut-être même de drôles d’affaires.</p>
<p>Au bout du trottoir et me suis trouvée nez à nez devant un troisième cimetière, militaire celui-là. Je n’imaginais décidément pas autant de morts sous ce coin de terre ! Chez les militaires je n’ai pas pu entrer. Même quand ils ne peuvent plus rien dire on n’approche pas ces gens là comme ça ! Sans doute faut-il &laquo;&nbsp;en être&nbsp;&raquo;. Grand bien me fasse, je n&#8217;en suis pas ! J’ai donc regardé de derrière la grille fermée les croix alignées, plantées au garde à vous. Trois rangées parfaitement identiques, disposées en quinconce, faisant face à une croix plus grande. Morts ou vifs, les militaires gardent le sens de la hiérarchie. Non de Dieu !</p>
<p>Moi j’ai bien aimé cette balade. C’est vrai, je reconnais, de Rome comme on l’imagine, avec ses musées, ses églises, ses vestiges de l&#8217;Histoire avec un H plus que majuscule j’ai visité assez peu finalement. Et ce coup-ci, j&#8217;ai même fait fort en choisissant un lieu « non catholique » et « non italien ». Mais enfin, entre vous et moi, je m’en fous un peu. J’ai entendu des cigales chanter, j’ai vu des anges et des fleurs, je me suis promenée, j’ai discuté avec le jardinier du pourquoi des arbres numérotés&#8230; Ben oui mais voyez-vous, c’est ce que j’aime moi. Un jour, peut-être je changerai&#8230; On ne sait jamais !</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 05 Août 2009</em></p>
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		<title>Une Madeleine</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Jul 2009 10:31:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 23 : Une Madeleine]]></category>

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		<description><![CDATA[J’avais commencé un autre texte. Sur tout autre chose. Je le terminerai un jour sans doute mais là, là j’ai envie de raconter une émotion. Une pure émotion. Je n’ai jamais lu Proust je crois. Ou alors, peut-être l’ai-je étudié à l’école, ça me semble possible mais je n’en ai pas trop de souvenirs sinon [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=292&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-thumbnail wp-image-294" title="madeleine-1" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/07/madeleine-11.jpg?w=150&#038;h=97" alt="madeleine-1" width="150" height="97" />J’avais commencé un autre texte. Sur tout autre chose. Je le terminerai un jour sans doute mais là, là j’ai envie de raconter une émotion. Une pure émotion.</p>
<p>Je n’ai jamais lu Proust je crois. Ou alors, peut-être l’ai-je étudié à l’école, ça me semble possible mais je n’en ai pas trop de souvenirs sinon ceux de phrases infiniment longues. Comme quoi j’ai dû en lire un peu au moins. En revanche, si je ne connais pas Proust au point de l&#8217;appeler Marcel, je sais le minimum sur mes classiques. Et sur la «Madeleine» (qui en réalité s’appelle Albertine si je ne me trompe). Comme vous sans doute, j’en ai compris assez pour l’user comme métaphore. Une madeleine n’est pas juste un petit gâteau moelleux aux lignes rondes et aux œufs, mais un souvenir qui remonte avec de la tendresse et d’autres émotions encore.</p>
<p>A Rome il fait chaud ces jours-ci. Et il y a un moment où contre la chaleur on ne peut plus rien faire sinon lui dire qu’elle a gagné. Depuis que j’ai vécu à Marseille, face à elle j’ai appris à accepter que la journée, si on le peut, on la passe derrière les persiennes tirées, le plus dévêtu possible, allongé, à attendre qu’arrive un peu de fraîcheur, sur le coup 18 heures ou après. Aujourd’hui pour moi c’était possible. Pas de rendez-vous ni travail. Une journée ouverte comme une porte béante, à attendre de moi que je la modèle à l’envie.</p>
<p>Mon envie fut ce matin de sortir (mais ça c’est pour l’autre texte). Puis de rentrer déjeuner. Puis de faire une sieste digestive, de celles que j’aime car elles durent peu, juste le temps de trouver un second souffle pour entrer en forme dans l’après-midi. Le sud m’a appris que la sieste est la meilleure des sources d’énergie. Même si aujourd&#8217;hui l’envie d’après était plutôt de rester calme, sans trop user d’énergie justement. Il fait trop chaud pour s’agiter. Et j’avais envie de France Inter.</p>
<p>Cela fait quelques semaines que j’ai envie de France Inter. Comme j’aurais une envie de chocolat. Ou d’aller marcher sur un plage. Ou de voir tourner les hirondelles dans le ciel. France Inter lorsque je vivais en France faisait partie de ma maison. Il est des gens qui vivent la télévision allumée, moi je vivais avec France Inter. On avait nos rendez-vous et nos moments de simple cohabitation, je reconnaissais les voix des animateurs, j’avais mes chouchous et ceux à qui je coupais le sifflet dès qu’ils commençaient à parler&#8230; France Inter c’était une famille, une de celles que je considère comme miennes.</p>
<p>Puis je suis venue en Italie. Bien sur j&#8217;ai cessé d&#8217;écouter France Inter. Au début par choix. Ensuite par simplicité et confort. Parce que la radio française je peux la recevoir via Internet mais, mon ordinateur ayant des enceintes minables, si je veux écouter du son je dois rester attachée au casque. Ce qui signifie assise devant mon bureau, à priori. Et le plaisir d’écouter la radio ne se marie pas pour moi avec la station assise. Alors l’idée puis l’envie de réécouter étaient restées en suspend.</p>
<p>Mais aujourd’hui il fait si chaud que je me suis dit : je vais m’allonger dans la pénombre, je vais mettre l’ordi au pied du lit, et je vais brancher le casque. Et cela devrait être bien. J’ai donc cherché Radio France via google. Puis la page de « ma » radio et j’ai consulté le programme. C’est que maintenant on a le choix si on écoute via internet. Celui d’écouter en direct ou de réécouter les émissions passées. J’ai retrouvé mon programme d’été. France Inter est radio publique, donc pas de celles qui changent d’idée selon la couleur du ciel et l’humeur du capitaine. Enfin pas en deux secondes en tous cas ! Et d’un été sur l’autre, on retrouve à priori sur les plages, les mêmes que les années précédentes. Sauf coup de gueule du Président. Mais fort heureusement, la France reste un pays de droits où le président peut prendre les coups de sang qu’il veut, le peuple veille encore. Et je sais de quoi je parle&#8230; Je vis en Italie ! Donc sauf en cas de rares exceptions (malheureusement déjà vues), Radio France est un bateau lourd et sûr qui garde longtemps le cap sur ses programmes, et à priori aussi avec un équipage constant. Nous sommes dans la Fonction Publique de la République Française&#8230; Quatre mots avec majuscules et ce n’est pas pour rien croyez moi !</p>
<p>J’ai donc choisi un programme, recommandé récemment par ma sœur qui me connait plutôt bien et m&#8217;avait dit &laquo;&nbsp;écoute cette histoire là, je pense qu&#8217;elle te plaira&nbsp;&raquo;. Une histoire tirée d&#8217;une émission que j’écoutais déjà l’an dernier de Marseille, le dimanche après-midi, volets fermés, fenêtres ouvertes, allongée nue dans mon hamac. Je me suis allongée sur mon lit, j&#8217;ai mis mon casque aux oreilles et j&#8217;ai fermé les yeux. J’ai entendu le générique&#8230; la voix de l’animatrice&#8230; le déroulé de l’émission&#8230; sensible au travail du son qui est excellent et sur cette onde et particulièrement dans cette émission. Car je vous parle d’une radio qui ne se prend pas pour une chaîne de télévision, une qui se souvient encore qu&#8217;à la radio, on soigne les images sonores. Ca a l’air évident mais&#8230;</p>
<p>Je me suis donc laissée porter et j’ai été littéralement transportée.</p>
<p>Je me suis revue dans mon appartement. Avec les détails des objets, les couleurs, l’odeur du jonc de mer qui recouvrait mon sol, le petit courant d’air qui reliait la fenêtre du salon à celle de la loggia lorsque je les laissais toutes les deux ouvertes, les pales des stores métalliques qui se balançaient doucement devant la grande vitre de la loggia et même le son qu’elles faisaient en tapant sur le verre. C’est incroyable ce qui m’est revenu juste en écoutant la radio. J’ai aussi vu le téléphone posé souvent par terre au milieu du salon et je l’ai aussitôt relié aux amis les plus proches duquel, à l’époque, j’aurais pu les appeler.</p>
<p>J’ai eu les larmes aux yeux je dois dire. J’ai pensé  &laquo;&nbsp;<em>c’est donc ça d’être expatrié&nbsp;&raquo;</em>. C’est étrange comme pensée non ? Mais c’est ce que j’ai pensé. J’ai pensé à ma mère qui regarde TV5 de Quito où elle vit maintenant et m’en parle souvent avec une emphase que je ne comprenais pas. J’ai pensé à une autre française, Sophie, qui elle vit à Londres depuis longtemps déjà et qui passe sa journée branchée sur Europe 1. Je me suis dit « <em>un expatrié c’est quelqu’un qui a une conscience aigüe du pays d’où il vient. Quelqu’un qui devient ultra sensible à des détails peu visibles pour les autres»</em>.</p>
<p>Bien sûr, cela m’a manqué ce passé remonté. Comme un « doudou » à un bébé, un objet transitionnel perdu. Il m’a manqué « mon ventre français ». Mais ensuite j’ai imagé ces mêmes choses en me disant « et si j’y étais ». Et alors l’émotion a perdu de son intensité. Parce que finalement et objectivement, un dimanche de juillet, dans un quartier quelconque de Marseille, écrasée de chaleur à écouter la radio, c’est quand même pas le Pérou ! Juste un moment de vie ordinaire. C’est comme l’enfance, Albertine ou les paradis perdus, ils ne deviennent sublimes que lorsqu’on ne les a plus.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 31 juillet 2009</em></p>
<p><em> </em></p>
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		<title>Prelude de Bach à l’heure du thé</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Jul 2009 21:54:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 22 : Prelude de Bach a l&#039;heure du thé]]></category>

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		<description><![CDATA[Ca y est, j’ai terminé. J’ai envoyé hier le manuscrit a l’éditeur et j’attends maintenant les retours. Ce qui signifie plus de temps libre, notamment pour écrire ici. J’avoue que j’ai un peu perdu la main. Mais enfin si je dois me pousser un tantinet ce matin à écrire, je pense en revanche souvent à [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=254&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignright size-thumbnail wp-image-256" title="villa pamphili1" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/07/villa-pamphili11.jpg?w=150&#038;h=101" alt="villa pamphili1" width="150" height="101" />Ca y est, j’ai terminé. J’ai envoyé hier le manuscrit a l’éditeur et j’attends maintenant les retours. Ce qui signifie plus de temps libre, notamment pour écrire ici. J’avoue que j’ai un peu perdu la main. Mais enfin si je dois me pousser un tantinet ce matin à écrire, je pense en revanche souvent à ce rendez-vous sur ce blog. J’ai régulièrement envie de raconter. C’est juste que j’ai un peu la flemme. C’est l’été quoi et il fait une chaleur indécente !</p>
<p>Pour fêter la fin du labeur, vendredi dernier je me suis invitée à faire une belle sieste sous un arbre de la Villa Pamphili. C’est avant tout un parc où je vais parfois courir avec mon amie Eleonora. Un très beau site sur les hauteurs de Rome d’où, de certains endroits, on a une vue magnifique sur la ville. Un des lieux et des moments qui m’ont énormément manqués pendant mon dernier épisode sicilien. Je nous revoyais courir, Eleonora et moi, à foulées lentes nous permettant de bavarder en effleurant des yeux la grâce de l’endroit.</p>
<p>Donc vendredi j’y suis allée, pour retrouver ce goût là. Même si je n’y allais pas pour courir et que j’y allais seule cette fois, mais avec un livre.  Donc pas vraiment seule non plus.</p>
<p>J&#8217;avoue qu’en plein après-midi le site me touche moins. Ecrasé de chaleur sous la lumière blanche du soleil, les fontaines et la villa y perdent un peu de leur superbe. Et puis le mois de juillet rend l’herbe moins verte. Cela dit le parc est grand, on n’y entend donc pas les bruits de la circulation qui est le lot de toute grande ville. L’air y circule mieux que dans la vallée du centre-ville et j’ai trouvé de l’ombre dans laquelle je me suis allongée. J’ai d&#8217;abord regardé courir les jeunes hommes aux cuisse hyper dessinées qui semblent  adorer sentir la sueur leur mouiller le  dos, accélérant encore au rythme de séquences. J’ai lu. J’ai dormi. Le temps a a passé sur la serviette de hammam bleue que j’ai achetée quand j’ai commencé à voyager. C’est bien les serviettes de hammam parce que ça ne prend pas de place dans la valise. Ce n’est pas éponge pour deux sous mais ça remplit malgré tout son rôle de serviette. Et en l’occurrence, celle de drap de bain de soleil aussi. Et puis c&#8217;est en nid d&#8217;abeille. J&#8217;aime beaucoup ce terme : le nid d&#8217;abeilles.</p>
<p>Juste avant 17 heures, alors que je pensais qu’il était temps de rentrer lentement, un étrange phénomène est arrivé sous la forme d&#8217;un Prélude de Bach. Un vrai concert de notes qui a pris tout l’espace laissé sur la pelouse. En soi, c&#8217;est déjà insolite lorsque rien n&#8217;annonce la chose. Car je ne parle pas d&#8217;un air discret qui sortirait d&#8217;une radio voisine, ou par la fenêtre d&#8217;un appartement proche. Je vous parle d&#8217;un fait grandiose. Un peu comme si on sonnait à votre porte et que, au moment d&#8217;ouvrir, vous découvriez, non pas le facteur, un voisin ou un témoin de Jéhovah venu porter la bonne parole, mais quelqu&#8217;un comme la reine d&#8217;Angleterre, en grande tenue et avec toute la cour, dernière elle et dans l&#8217;escalier. Vous voyez mieux l&#8217;image à présent? Et ce n&#8217;était pas fini. A 17 heures pile, les cloches d’une église tout près se sont mises à sonner elles aussi, mêlant leur dong régulier aux notes du prélude. Et transformant le classique des classiques en une improvisation de jazz tendance &laquo;&nbsp;free&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Allongée sur le coton bleu, remplie par la musique, je regardais la cime de l’arbre qui m’avait offert son ombre, je fixais le ciel et les hirondelles et j’acceptais le phénomène tant inattendu que magnifique.</p>
<p>Puis je me suis levée, j’ai marché en direction des notes qui résonnaient encore dans l’air, foulaient l’herbe, entouraient les troncs, grimpant haut dans les branches. Ré, ré, fa, la, fa, ré, fa, la, ré.  J&#8217;avoue que rarement la musique prit pour moi une telle épaisseur.</p>
<p>Bien sur ce n’était pas magique. Il y a, villa Pamphili, un festival de danse qui dure tout juillet. J’ai cherché la scène ou l’on répétait car j’aurais aimé voir les danseurs travailler. Je ne l’ai pas retrouvée. C&#8217;est par hasard avec Eleonora qu&#8217;on était tombées dessus une première fois. Mais cette fois-ci je la cherchais et chercher dans l&#8217;espace ce n&#8217;est pas trop mon fort. Et puis les notes passent des ravins que moi-même je ne sais pas franchir. Et en faisant le tour, bien sure je me suis perdue. J’ai de ça l’habitude !</p>
<p>Toute la partition fut jouée, même après les cloches, jusqu&#8217;à l&#8217;accord final.</p>
<p>J’ai continué à marcher dans le parc en m’approchant des murs de la petite chapelle qui complète la Villa.  Elle est belle cette chapelle, un peu chargée peut-être en détails de couleur mais de petite taille, comme une maisonnette russe avec un faux air grec. Ou même peut-être un vrai.</p>
<p>Puis j’ai cherché la sortie du parc pour reprendre mon scooter. J’ai roulé sur la route qui me ramène chez moi, en passant par le Gianicolo. C’est je crois un détour mais c’est tellement plus beau. Et puis je suis rentrée, l’air de Bach dans la tête. Ré, ré, fa, la, fa, ré, fa, la, ré. Un très joli morceau pour finir un labeur et fêter le moment.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 21 juillet 2009<br />
</em></p>
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		<title>Quand je serai grande je me marierai avec mon scooter</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Jul 2009 23:07:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 21 : Quand je serai grande...]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a très longtemps que je n’ai pas écrit ici. C’est que j’ai écrit beaucoup ailleurs. Le guide avance bien, je suis contente. Mais j’ai travaillé avec beaucoup, voir beaucoup trop de densité, une très grande concentration qui m’a un peu épuisée et j’avoue que, écrire encore ici ne m’attirait pas trop. J’ai cependant [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=249&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a très longtemps que je n’ai pas écrit ici. C’est que j’ai écrit beaucoup ailleurs. Le guide avance bien, je suis contente. Mais j’ai travaillé avec beaucoup, voir beaucoup trop de densité, une très grande concentration qui m’a un peu épuisée et j’avoue que, écrire encore ici ne m’attirait pas trop. J’ai cependant vu que vous étiez quelques-uns a vous connecter régulièrement pour voir. Et voir qu’il n’y avait rien a voir. Ca m’a touché cette fidélité. Merci.</p>
<p><a href="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/07/skybridge_pont_suspendu_malaisie1.jpg"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-446" title="skybridge_pont_suspendu_malaisie" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/07/skybridge_pont_suspendu_malaisie1.jpg?w=150&#038;h=112" alt="" width="150" height="112" /></a><a href="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/07/skybridge_pont_suspendu_malaisie1.jpg"><img class="alignright size-thumbnail wp-image-446" title="skybridge_pont_suspendu_malaisie" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/07/skybridge_pont_suspendu_malaisie1.jpg?w=150&#038;h=112" alt="" width="150" height="112" /></a>Aujourd’hui j’écris car j’ai vécu des choses un peu fortes ces temps derniers et… J’écris de Sicile où, entre temps, j’avais décidé de passer tout l’été. Au moins trois mois et peut-être beaucoup plus en fonction de ce que j’y vivrais. Une décision que j’avais prise comme beaucoup d’autres sur un coup de tête, à force d’entendre tout un tas de romains me déconseiller de rester à Rome en été. Et puis j’avais envie de Sicile. J’ai une histoire avec cette ile. J’avais donc pris un y a deux mois je crois un aller simple en bateau pour Palerme, pour le scooter et moi. J’avais aussi prospecté pour tenter de trouver un « petit boulot » ou même un vrai emploi. Et je suis arrivée il y a 10 jours maintenant avec mon bouquin à finir, une chambre louée avec une connexion internet, un entretien avec un directeur d’entreprise, quelques contacts, le sourire aux lèvres et la confiance en moi.</p>
<p>Les premiers jours furent très heureux je dois dire. Il était convenu que, en attendant que la chambre à louer se libère, je serais accueillie chez un de ces voyageurs de mon réseau magique. Celui-ci je le connaissais puisqu’on s’était rencontrés deux fois à Rome et y avions dîné ensemble. Un nommé Filippo avec une belle joie de vivre, un esprit qui pétille et une grande générosité.</p>
<p>Par hasard et par chance aussi, pendant ces même quatre jours, Filippo accueillait également chez lui Alfredo. Une connaissance de Rome pour moi et un ami pour lui. C’est donc avec Alfredo que j’ai découvert la ville pendant que Filippo travaillait. J’ai vraiment savouré ces moments partagés. Ensemble et en scooter nous avons appris à ne plus trop nous perdre dans les rues de Palerme, à trouver les innombrables restaurants qu’il voulait essayer, à goûter à tout, à aller sur la plage, à discuter en Italien ponctué de mots français, puisque j’avais pour mission de lui enseigner un peu de ma langue.</p>
<p>Le soir on retrouvait Filippo et sa très bientôt épouse pour sortir, rencontrer d’autres gens, découvrir d’autres lieux. Un joli temps de vacances qui a malheureusement pris fin. Alfredo est rentré à Rome. Filippo est parti en voyage et moi je suis restée. J’ai découvert que le loueur de chambre est un type malhonnête, sans parole et qu’en me mettant en difficulté il a ouvert la brèche à une série de tuiles.</p>
<p>Depuis le premier soir sans Filippo je ne cesse donc de déménager, une nuit ici dans la chambre que je devais louer pour constater qu’elle est terriblement sale et que l’appartement est habité par une brochette de harpies. Deux nuits à Trapani. Une autre nuit dans l’appartement pourri. Demain encore ailleurs.</p>
<p>Mais ce que je voulais raconter est autre. J’avais donc ce rendez-vous avec l’employeur. Ce n’était pas à Palerme mais a Campobello di Mazara, à une grosse centaine de kilomètres d’ici.</p>
<p>Pour réduire le trajet et puisque j’avais décidé d’y aller en deux roues, mon idée était de passer une nuit chez mon copain Antonio du coté de Trapani. Et puis d’aller tranquillement au rendez-vous le lendemain. Ce n’était pas vraiment plus court mais c’était au moins plus tranquille. C’est donc ce que j’ai organisé. Jeudi j’ai quitté Palerme et j’ai pris la route. Sans carte. Mais en ayant consulté google map. A chaque fois je me dis « plus jamais google map » et puis je recommence…J’ai donc recommencé. A noter sur un papier des sorties à prendre qui ne sont jamais indiquées dans la réalité. A imaginer une route sans penser au dénivelé.Etc.  Bien sur je me suis perdue. J’ai roulé sur une route qu’on n’appelle pas autoroute mais qui en a tous les traits si ce n’est que les sorties ne sont jamais indiquées. Quelquefois un nom de patelin et rien de plus. N’ayant pas de carte j’ai continué a avancer.</p>
<p>Vous ai-je un jour dit que j’ai le vertige ? je ne vais pas dans le Vercors car j’ai peur des précipices. J’avais peur sur la Gineste qui va de Marseille à Cassis. Et pourtant&#8230; Je me suis retrouvée sur cette route sur un pont suspendu à une hauteur vertigineuse. Seule sur une route sans fin, en scooter, sans savoir où j’allais.</p>
<p>Sur cet aqueduc de malheur j’ai senti le vertige monter et la sueur couler. Mais, quand on est à ce point engagé sur le chemin, il n’y a pas moyen de reculer. Alors je me suis interdit de regarder en bas. Je me suis dit « <em>n’y pense pas, chante.</em> » Depuis toute petite, lorsque j’ai peur je chante, pas vous ?</p>
<p>J’étais donc sur cette route tracée au dessus des montages, sur mon scooter rose, le cœur battant à toute allure, en train de chanter à haute voix et en me répétant « <em>ne pense pas au vide en dessous, ne regarde pas en bas </em>». Il y en eut trois de ces p* de ponts. Et toujours pas une indication de direction. Alors je suis allée au bout. La route s’appelle la Palerme Sciacca et j’ai fait toute la route, de Palerme à Sciacca. Allez hop ! Ben tiens !</p>
<p>Là, au bout de la route je me suis arrêtée. D’abord pour le scooter qui n’est réellement fait pour de longues traversées, taille du ventilateur oblige. Et ensuite pour moi. Pour souffler. J’ai enlevé mon casque trempé de sueur et j&#8217;ai appelé Antonio, à l’heure où j’aurais dû arriver chez lui. J’ai dit « je suis à Sciacca » : Incrédule il a répété  « à Sciacca » ? Puis il a éclaté de rire. Il m’a dit « <em>tu es a deux heures d’ici&nbsp;&raquo;.</em></p>
<p>La nuit commençait à tomber, j’avais déjà fait deux heures de route en scooter avec un petit paquet d’émotions, j&#8217;avais le brouhaha du moteur qui me résonnait encore dans la tête, le réservoir était presque vide ce qui en Italie peut être un problème car presque toutes les pompes sont automatiques mais ne prennent pas la carte mais uniquement des billets et lorsqu’on n’a pas de monnaie on est mal. Je n’avais presque plus de forfait à mon téléphone et pendant qu’Antonio me parlait, un petit signal m’a averti que la batterie était en train de lâcher. Antonio a répété : «<em> tu en as pour deux heures de route, je t’attends »</em></p>
<p>J’ai respiré un grand coup. J’ai pensé « <em>vu que tu ne vas pas dormir sur la route il va bien falloir y arriver »</em> et je suis repartie dans l’autre sens. Si vous êtes curieux, trouvez une carte de la Sicile, vous verrez ce que je veux dire…</p>
<p>J’ai roulé un peu. Je me suis arrêtée dans un café. Pour m’hydrater, demander ma route et faire la monnaie. J’ai rempli le réservoir. Et j’ai tracé dans la nuit. J’ai fini par arriver. Sans me perdre. 100 bornes. En tout j’ai donc roulé environ 250 kilomètres dans la journée avec un scooter 125.</p>
<p>Le lendemain j’ai fait la route dans l’autre sens car il se trouve que le lieu du rendez-vous, je l’avais passé la veille. J’ai vu le pont suspendu, d’en bas. Juste un regard sur lui m’a redonné le vertige. Je me suis dit « <em>tu étais tout là haut »</em>, ça m&#8217;a donné la nausée…</p>
<p>J’ai rencontré le directeur que j’ai fasciné avec mes histoires de voyage (il me l’a dit lui même ) et qui m’a proposé de me rappeler pour voir si on ne pourrait pas faire une essai de trois jours la semaine prochaine pour un poste qui ne m’intéresse qu’à moitié. Ensuite je suis allée à la plage. Une magnifique plage quasi vide sur laquelle j’ai déjeuné. C’était vraiment beau mais j’étais ailleurs.</p>
<p>Je suis retournée chez Antonio. J’ai roulé et roulé encore et je ne pouvais pas ne pas penser « <em>ce qui est beau ici tu l’avais déjà en Provence : les vignes, les oliviers, la mer quand elle veut se montrer belle</em> ».</p>
<p>Antonio est arrivé avec un de ses amis. Ensemble on a dîné dans le jardin. J’adore dîner dans le jardin, quand la nuit est douce et qu’il n’y a pas de bruit.</p>
<p>Ce matin je suis allée en ville. J’ai acheté une carte de la Sicile. Pour comprendre ce que j’avais fait. Et puis pour rentrer. J’ai ensuite repris la route. Dans les montagnes encore mais juste un peu au début. Puis en longeant la mer. J’ai réfléchi. On réfléchit sur la route. En tous cas moi je réfléchis. Je suis arrivée ici, à Palerme. Une autre galère de logement m’attendait. Chaque jour un nouvelle. Je devrais être habituée mais je ne m&#8217;habitue pas. Et puis la bonne nouvelle que demain Angela mon amie canadienne vient me retrouver. Mais à la dernière galère je me suis dit « <em>ca suffit </em>».</p>
<p>Je sais maintenant que je ne me vois pas du tout vivre sur cette ile. Et puis, depuis que j’y suis, rien ou presque n’est fluide alors, je suis épuisée. J’ai un travail à finir, je dois être sereine pour le faire et je suis au contraire fatiguée et stressée. Alors j’ai dit &laquo;&nbsp;<em>je rentre</em>&laquo;&nbsp;. A Rome. Pour le moment à Rome. Ensuite je verrai. Pour la première fois depuis que je suis partie je pense à rentrer en France.</p>
<p>Il est presque une heure du matin, je suis très fatiguée. Je n’ai pas la force ni de relire ni de continuer. Alors je mets ce texte en ligne. Je pense que j’y reviendrai…</p>
<p>Ah au fait, je voulais dire. Pour le pont au dessus du vide et pour la route en scooter. C’était terrible. Mais je suis extrêmement fière de l’avoir fait. Maintenant je sais que je peux dépasser certaines peurs. Et puis je sais que ce scooter, ces deux roues qui m’ont portée, entraînées par leur petit moteur, c’est une belle, une merveilleuse liberté. Et puis une petite chose sur laquelle j&#8217;ai dû compter et qui m&#8217;a menée jusqu&#8217;au bout.</p>
<p>Quand je serai grande, mon scooter je l’épouserai.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 04 juillet 2009<br />
</em></p>
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		<title>A bientôt…</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Jun 2009 07:21:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 20 : A bientot...]]></category>

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		<description><![CDATA[Oui, je sais, j’avais dit « un texte par semaine » et… Mais j’ai, pour un mois et demi, beaucoup de travail. Je rédige un guide sur l’Espagne (oui, je sais, c’est assez peu logique, dans la mesure où je suis en Italie. Mais en réalité, c’est de France que j’aurais dû le faire donc finalement, cela [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=247&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Oui, je sais, j’avais dit « un texte par semaine » et…</p>
<p>Mais j’ai, pour un mois et demi, beaucoup de travail. Je rédige un guide sur l’Espagne (oui, je sais, c’est assez peu logique, dans la mesure où je suis en Italie. Mais en réalité, c’est de France que j’aurais dû le faire donc finalement, cela change peu.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, c’est beaucoup de travail, un travail passionnant et auquel je consacre beaucoup de temps.</p>
<p>Donc j’écris moins ici. Mais je reviendrai. Peut-être dans une semaine, peut-être deux. Peut-être lorsque j’aurai rendu mon travail à l’éditeur. Promis je reviens.</p>
<p>A très bientôt&#8230;</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 08 juin 2009<br />
</em></p>
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		<title>Colère et autres sentiments d’amour a l’égard des gens qui m’aiment</title>
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		<pubDate>Sun, 31 May 2009 15:28:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 19 : colère et autres sentiments d&#039;amour...]]></category>

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		<description><![CDATA[Ceci est un texte très personnel, que j’écris en pensant aux gens qui sont proches de moi, ceux qui m’aiment en me connaissant, ceux à qui je dévoile parfois ce qui reste dissimulé aux autres. Pas sure qu’il puisse intéresser les autres. Pas sure qu’il ait trait à cette année particulière de Marseille à Rome. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=236&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-238" title="plume01" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/05/plume011.jpg?w=150&#038;h=136" alt="plume01" width="150" height="136" />Ceci est un texte très personnel, que j’écris en pensant aux gens qui sont proches de moi, ceux qui m’aiment en me connaissant, ceux à qui je dévoile parfois ce qui reste dissimulé aux autres. Pas sure qu’il puisse intéresser les autres. Pas sure qu’il ait trait à cette année particulière de Marseille à Rome. Pas sure qu’il ait un rapport avec le voyage&#8230; Pas sure du contraire non plus !  Mais, si vous avez un doute sur l’utilité de le lire, il n’y a aucun souci, passez-le.</p>
<p>C’est une chose qui arrive là parce que ce n’est pas la première fois… Et que quand on nous répète les mêmes phrases plus d’une fois, il faut être sourd pour ne pas les entendre. J’ai entendu…</p>
<p>Dans ce chapitre là je vais dire des mots qui vont sortir un peu vite. C’est ce qui arrive lorsqu’on secoue un contenant et que le bouchon saute. C’est de la physique. Ou de la chimie. Je n’ai jamais su faire la différence entre les deux, simplement parce qu’au collège on avait cours de « physique-chimie ». Alors c’est pas clair. C’est comme entre Laurel et Hardy, je ne sais jamais non plus. Ca n’a rien à voir mais… Encore que si… La physique (ou la chimie) me fascine par sa logique absolue. Encore plus émouvant que les mathématiques. J’aurais dû écouter plus en cours de physique/ chimie. Vu à la lumière d’aujourd’hui, je sais que cela m’aurait passionnée.</p>
<p>Quoi qu’il en soit j’espère que personne et je dis bien personne ne se sentira attaqué dans ce chapitre. Car je n’attaque personne. Ni ne me défends de quiconque d’ailleurs. Je veux simplement répondre à la petite phrase. Parce que j’y ai réfléchi…</p>
<p>La phrase, en ces mots-ci ou avec d’autres, est :</p>
<p>-	&laquo;&nbsp;Tu as l’air trop positif, trop gai, c’est louche. Ça sent quelquefois la méthode Coué»!</p>
<p>Mais je l’entends aussi comme ça :</p>
<p>-	« tu sais, ce serait bien si tu me faisais confiance et si tu disais quand ça va mal. Parce que ça arrive, non »?</p>
<p>Alors pour être claire ma réponse est :</p>
<p>-	« Evidemment ça arrive ! »</p>
<p>Je n’ai rien d’une magicienne, je ne suis pas l’Elue des Dieux, la protégée de la Chance, la chouchoute au séant bordé de nouilles. Rien, walou, peau de balle. Je suis super normale, avec des hauts et des bas, avec des coups de blues et des moments d’euphorie, avec des mauvais passages qui semblent ne jamais vouloir finir et des jours heureux au cours desquels on se dit que la vie est magnifique. J’ai des semaines où je touche des « fonds du trou » bien pires que celui de la sécurité sociale et d’autres ou je vis des pics de bonheur, meilleurs qu’un shoot de cocaïne (encore que là j’en sais rien, je ne suis pas du tout drogue). Je suis normale je vous dis.</p>
<p>Seulement… et oui il y a un seulement (en général c’est un « mais&nbsp;&raquo;  qu’il y a, mais j’ai eu envie de changer. Comme avec le petit salé aux lentilles) Seulement donc…  je trouve que déposer son fardeau aux pieds de l’autre, sous l’unique prétexte qu’il nous a demandé « comment ça va », c’est un peu envahissant. Vous ne trouvez pas ? Parce que l’autre il n’est pas forcément préparé à le recevoir, votre gros tas de merde sentant la viande en décomposition (oui je sais, j’aurais pu dire fumier, c’eut été moins insistant. Mais justement, j’insiste. Le fumier est une odeur que j’aime. Ca sent l’herbe et me rappelle l’enfance. C’est ma Madeleine à moi. Alors que la merde, celle du chien nourri aux croquettes premier prix, là c’est clair : Ca pue ! C’est bien ce que je voulais dire).  L’autre donc, il était peut-être en train de sortir pour aller faire le marché, acheter des fraises, des fleurs, et de la coriandre. Ou pour s’aérer, parce qu’il avait vu un rayon de soleil et qu’il s’était dit que cela aurait pu être l’appel d’une jolie journée&#8230;</p>
<p>Et paf il vous croise par hasard. Et paf, vous lui imposez votre face de carême, vos soupirs infinis, vos yeux larmoyants, votre bouche qui tombe et votre énergie pesante comme un camion-citerne plein.  Vous je ne sais pas mais moi, juste quand j’ai envie de m’oxygéner un peu l&#8217;esprit, j’aime moyen ! Y’a des moments pour tout, non ?</p>
<p>Attention, ça ne veut pas dire que chacun son tas et les vaches sont bien gardées. Ca veut juste dire que les choses importantes se comprennent par qui elles doivent être comprises. Et que les soupirs et autres ne sont pas nécessaires, ni avant ni après le marché aux fleurs. C’est pour ça que l’on dit des proches qu’ils sont proches. Parce qu’avec eux, il n’est pas nécessaire de faire un gros tas, de le mettre sur leur pallier, de faire chauffer le soleil dessus pour intensifier l’odeur. Pas besoin. Et que si ils peuvent faire quelque chose, ils le feront. Ca s’appelle l’amour, non ?</p>
<p>Alors, à tous ceux qui m’aiment et que j’aime, à tous ces proches qui un jour m’ont dit ou ont juste pensé que ce serait bien que je montre un peu plus mes failles parce que de toutes façons ce trop plein de sourires ne réussira jamais à cacher complètement que dessous il ne fait pas toujours beau je répondrai :</p>
<p>-	Je vous les montre mes failles puisque vous les voyez.  Puisque vous le sentez ou le devinez le noir que je contiens aussi. Navrée de vous le dire mais ce n’est pas juste un sixième sens. C’est parce que j’ai laissé le vasistas ouvert, pour vous. Parce que je sais que vous savez où elle se trouve cette toute petite fenêtre et parce que vous me connaissez assez pour deviner, même dans la pénombre, si tout va bien à l’intérieur. J’ai tout à fait confiance en vous.</p>
<p>J’ajouterai que ce n’est pas, ou pas seulement, de l’orgueil, de la pudeur ou de la méfiance vis à vis de vous, cette carapace ensoleillée que je transporte partout avec moi. C’est juste une partie de moi. Le fruit de mon histoire. On est tous comme ça non ? En réaction à tout ce qui nous est arrivé. En moi il y a cette couche là, celle qui se voit d’abord. Et puis il y a les autres. Et vous les connaissez aussi, donc il n’y a pas tromperie.</p>
<p>Je rajouterai encore deux choses. La première c’est que, de la même façon que je ne suis pas le ravi de la crèche, je ne suis pas non plus masochiste. Et que si on jour, par hasard, vous ne le voyez pas que j’ai besoin de vous et qu’il y a urgence, je vous le dirai. Je déposerai moi aussi un gros tas de caca devant chez vous et, sans essayer de vous épargner, je vous dirai :</p>
<p>-	La il faut m’aider. Ca pue velu, c&#8217;est pénible et c’est peut-être pas le moment pour vous, mais je vous le dis, faut m’aider !</p>
<p>N’ayez crainte, dans ce cas là vous y aurez droit aux soupirs, aux larmes et à tout le reste. Je sais faire aussi.J&#8217;ai passé environ les 15 premières années de ma vie à me lamenter en permanence moi aussi, avec les yeux de cocker et le dos vouté. Quinze bonnes années à voir la moitié vide alors, je sais de quoi je parle !</p>
<p>J’ai vécu deux moments de noir absolu dans ma vie (mis à part les années de lamentation), du vrai noir, bien épais, poisseux, collant, pesant. Et vous pouvez me croire, JAMAIS je ne veux me retrouver dans cette mélasse là. Donc si jamais je me sens m’enfoncer doucement dans la vase, croyez moi, vous le saurez ! Et en attendant, j&#8217;aime sourire. Et en plus j&#8217;ai de la chance, le mien est très beau, je le sais.</p>
<p>La dernière chose que je veux dire, c’est que je crois en la plume de Dumbo. Oui oui, je parle de l’éléphant volant. C’est mon histoire préférée. Je crois que Dumbo il a volé parce qu’il y a cru jusqu’au bout que la plume était magique. Je crois en ce regard qu’il a porté sur ce que les autres ne voyaient pas. Je crois dans les pouvoirs de la confiance. Et je le sais pourtant que la plume n’était pas magique, faudrait pas me prendre pour une bille ! Comme vous le savez que derrière tous mes sourires et cette furieuse façon de tout décrire en positif je suis moi aussi négative à mes heures. Et moi aussi je le sais. Pas la peine que je le dise ni que je l’écrive que même si je montre que ça va, parfois je voudrais ne plus aller nulle part, comme vous, tout pareil. ! A moi aussi il arrive de juste vouloir tout arrêter, me rouler en boule et dormir, parce que je suis très fatiguée. Pas la peine de le dire !</p>
<p>Mais ça en revanche je voulais le dire, puisqu&#8217;il y a eu vos petites phrases.</p>
<p>Je le sais que je peux avoir confiance en vous et vous montrer tout et le reste. Si vous saviez comme je le sais… Mais c’est avant tout moi qu’ils aident, mes sourires et cette façon d’aller toujours chercher la petite chose positive. C’est ma plume, la petite Plume de Dumbo. Alors, laissez moi faire du vent avec mes grandes oreilles s&#8217;il vous plait. Ca ne sert peut-être à rien, mais à la fin, Dumbo il a réussi à s’envoler.  Alors dans le doute…</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM  31 mai 2009</em><img class="alignright size-thumbnail wp-image-239" title="DUMBO324" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/05/dumbo324.jpg?w=147&#038;h=150" alt="DUMBO324" width="147" height="150" /></p>
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		<title>Lâcher prise</title>
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		<pubDate>Tue, 19 May 2009 12:16:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 18 : lacher prise]]></category>

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		<description><![CDATA[J’aurais adoré être un escargot, pour avoir ma maison sur mon dos. Pouvoir transporter partout avec moi mes objets, mes sculptures, mes petits lampes qui font une lumière douce, mes photos, ma théière en fonte parce que c’est un cadeau de mariage, ma couette en plumes parce qu’elle fait mon lit, mon affiche de Picasso [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=228&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’aurais adoré être un escargot, pour avoir ma maison sur mon dos. Pouvoir transporter partout avec moi mes objets, mes sculptures, mes petits lampes qui font une lumière douce, mes photos, ma théière en fonte parce que c’est un cadeau de mariage, ma couette en plumes parce qu’elle fait mon lit, mon affiche de Picasso et sa femme photographiés sur une plage parce qu’elle est joyeuse, mes livres parce que si je veux les relire, etc.</p>
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-231" title="guguss_1060807369_c15d_ar" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/05/guguss_1060807369_c15d_ar1.jpg?w=150&#038;h=112" alt="guguss_1060807369_c15d_ar" width="150" height="112" />Je ne suis pas un escargot. J’avais pensé en d’autres temps m’acheter un C 15. Cette Citroën qui en France fut pendant des années la voiture de la Poste, d’EDF et des artisans indépendants car elle permettait de transporter tout un tas de bazar à l’arrière. C’était une obsession lors de mon ancienne période «nomade», celle qui suivit pendant 2 ans le moment ou j’ai quitté Paris. La période d’après mon divorce. Je ne l’ai pas acheté mon C15 diesel, car le temps de mûrir ce projet, je m’étais posée à nouveau. Je ne suis pas rapide avec les voitures !</p>
<p>Cette fois je suis partie avec mon scooter, parce que pour moi il représente ma liberté. Et mes affaires je les avais laissées à Marseille, entreposées dans une cave. Sauf les objets qui me sont vraiment chers. Mes sculptures, mes photos, mon hamac, ma musique je les ai entreposés ailleurs. Quant à ma couette en plume, je l’ai finalement emportée avec moi. Mais j’y ai laissé tout le reste dans la cave : les lits, les tables, les livres, les vêtements, les chaussures, les assiettes, les verres, le mixer, les lampes, les draps, les serviettes, les boites pour ranger ceci et cela, mon matériel de bricolage, la tourniquette pour faire la vinaigrette, etc. C’était il y a 7 mois. C’était du provisoire et je le savais. La cave devrait être un jour libérée. C’était aussi ma seule solution. Je ne connais plus personne qui ait une grange étanche, immense et dans laquelle j’aurais pu entreposer des tas de choses pour une durée indéterminée. Et les prix des objets qui me sont chers ne justifiaient pas celui d’un garde-meubles…</p>
<p>Il se trouve que le provisoire a pris fin. Il y a 3 semaines je recevais un mail qui me disait que le 15 mai dernier délai, la cave devrait être vidée. Je vous passe les détails du stress pour trouver un billet d’avion à prix raisonnable en plein mois de mai où les ponts sont légion. Je vous passe aussi celui du moment ou je me suis dit « et qu’est-ce que je vais faire de tout ça ». Mais je l’ai eu, évidemment !</p>
<p>Mais enfin, parmi les qualités qui définissent mon caractère, il y a celle de savoir trancher. Elle est à double tranchant la trancheuse, évidemment, mais enfin en cas d’urgence ou de nécessité, j’ai cette faculté de pouvoir regarder le problème en face, de lister les solutions possibles et de choisir. Je peux me tromper, je me suis d’ailleurs quelquefois trompée mais&#8230; l’erreur est humaine ! Et au moins je suis acteur de ma vie. Enfin j’essaie…</p>
<p>J’ai choisi de voyager cette année, de quitter mon pays et d’aller voir ailleurs si j’y suis. Il se trouve qu’une des contraintes du voyage c’est qu’il faut savoir s’alléger. Il est fini le temps où on se déplaçait avec 4 carrosses, l’argenterie, les service à thé et les tenues de cocktails. En tous cas pour les gens comme vous et moi. Quoi que pour vous je n’en sache rien mais enfin, pour moi c’est certain. Donc puisque j’ai choisi ce chemin…</p>
<p>Il fallait débarrasser la cave. Je me suis dit qu’il fallait, par la même occasion, me débarrasser de tout ce qu’elle contenait. Au début j’en avais gardé une bonne partie car, lorsque je suis partie il y a 7 mois, j’ignorais pour combien de temps. Et puis j’ignorais aussi si je pourrais rapidement me reposer. J’imaginais par exemple trouver rapidement un boulot, une maison, et au cours d’un week-end, charger un camion, lui faire prendre le bateau et déplacer ma « maison » d’un pays à l’autre. Cela ne s’est passé comme cela. Et je suis très clairement incapable aujourd&#8217;hui de dire où je serai dans un an.</p>
<p>Alors, comme ces « choses » étaient devenues un poids, comme c’est quand même un problème de stocker 20mètres cubes sans déranger personne, le mieux à mes yeux fut de me séparer des mètres cubes.</p>
<p>J’ai donc repris l’avion et j’y suis allée. Avant, j’avais envoyé des mails à tous les gens que je connais sur Marseille pour leur expliquer. Que je vendais tout. Que j’étais incapable de mettre un prix aux objets car leur valeur pour moi était autre que marchande, que ce serait donc à eux de me proposer un prix. Que mon but était de tout vendre. Mais que je leur demandais de ne pas m’assassiner.</p>
<p>J’ai passé trois demi journées dans cette cave et je n’ai pas envie d’y rester ne fusse qu’une minute de plus, même en pensée. Sachez que j’ai vendu grâce à ma merveilleuse amie Alexandra qui fut vraiment magnifique durant ce week-end là. Elle a acheté, elle a fait venir des gens qui ont acheté, elle m’a aidé à fixer des prix honnêtes pour tout le monde je crois et surtout, surtout, elle ne m’a pas lâchée d’une minute. Ayant compris mieux que personne ce que ce moment signifiait. J’ai donné des objets aussi, à ceux qui sont venus acheter. J’ai laissé enfin des tas de choses sur place. Pas importantes je crois. Dans l’ensemble les objets ne sont pas si importants si on sait garder l’essentiel.</p>
<p>Je n’ai vécu qu’un seul vrai mauvais moment dans tout cela, assez traumatisant pourtant, avec une amie qui n’a pas réalisé que ce n’était pas juste un vide-grenier. Qui a acheté en dénigrant, comme on le fait habituellement pour faire descendre les prix. Ce fut d’une violence inouïe et j’essaie encore d’effacer. Mais elle ne l’a pas fait exprès. On fait parfois des erreurs. J’en fais aussi je le sais.</p>
<p>Cela fait un peu plus d’une semaine. Je continue de penser que j’ai bien fait. Maintenant il me reste très peu d’objets mais je sais que je les aime tous, qu’ils représentent mon « chez moi ». Je peux les énumérer, je sais où ils sont et je les sais en sécurité. Je peux partir à l’autre bout du monde, aussi longtemps que je le veux, légère. Si un jour je reviens (et un jour je reviendrai il me semble), je pourrai à nouveau les rassembler, les mettre dans ce qui sera mon « chez moi » et en effet, avec ces quelques pièces là ce chez moi sera vraiment MON chez moi. En attendant je suis libre. Je me suis débarrassée d’un poids.</p>
<p>Entendons nous bien, j’aime toujours autant les petits détails qui font les jolies maisons. Je rachèterai sans doute un jour tout un tas de trucs qui n’ont pas de réelle nécessité : des assiettes parce qu’elles sont jolies, des petites lampes qui n’éclairent rien mais qui rendent les visages très doux, Je coudrai à nouveau des coussins en veux-tu en voilà, des rideaux pour les fenêtres et je patinerai à nouveau des meubles avec des couleurs et du blanc. De ça je suis quasi certaine. Mais ce n’est pas aujourd’hui. Aujourd’hui je suis en voyage. J’ai besoin de sentir que si le vent me porte je peux me laisser porter, sans une lourde ancre à transporter. C’est important pour moi.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 19 mai 2009<br />
</em></p>
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-229" title="Escargot_Cornu" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/05/escargot_cornu.jpg?w=150&#038;h=112" alt="Escargot_Cornu" width="150" height="112" /></p>
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		<title>Courir au cimetière</title>
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		<pubDate>Sat, 02 May 2009 08:31:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 17 : courir au cimetière]]></category>

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		<description><![CDATA[Mais non bien sur je ne suis pas pressée de mourir. Mais le titre m’est venu dans la foulée. Et je l’ai trouvé assez bon ma foi. Un peu racoleur peut-être mais enfin, « il faut vendre » comme on dit dans la presse et ailleurs. Il se trouve que je me suis mise au jogging (ou [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=225&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mais non bien sur je ne suis pas pressée de mourir. Mais le titre m’est venu dans la foulée. Et je l’ai trouvé assez bon ma foi. Un peu racoleur peut-être mais enfin, « il faut vendre » comme on dit dans la presse et ailleurs.</p>
<p>Il se trouve que je me suis mise au jogging (ou au footing, je n’ai pas saisi la différence, si tant est qu’il y en ait une). Oh, pas depuis longtemps, ça fait juste deux semaines.</p>
<p>Sachez le une bonnes fois pour toutes, c’est un sport que j’exècre, depuis toujours. Je trouve qu’il n’y a pas plus violent. Et ennuyeux. Mais il paraît qu’après, on devient accro. Voyons si j’arrive à l’après.</p>
<p>Bref, comme je ne travaille toujours pas, je m’ennuie parfois. Et si je m’ennuie, comme la plupart : je mange ! J’ai essayé de réduire mais j’ai du mal ces temps-ci alors, pour qu’on ne me roule pas bientôt, j’ai décidé d’agir différemment. D’où le footing.</p>
<p>Ma sœur, qui me ressemble beaucoup mais qui est en bien des points très différente de moi est, elle, très sportive. « Elle tient ça de notre mère ». Moi j’ai pris de mon père pour ce qui est du sport, et il n’y avait rien à prendre ! J’ai donc demandé conseils à ma sœur.</p>
<p>-         <em>Achète toi des « running »</em> (elle a toujours les mots techniques lorsqu’il s’agit d’achats. C’est une excellente consommatrice, un autre point sur lequel on est dissemblables), <em>un lecteur mp3</em> (ça j’avais. Mais j’ai acheté des piles toutes neuves, plein, pour l’occasion. Moi aussi j’investis !) <em>et trouve toi un parc ou un coin agréable où tu peux courir sans t’ennuyer.</em></p>
<p>Il se trouve que pour deux semaines, ma copine Sanja m’a prêté son appartement et que celui-ci est tout près d’un grand et beau cimetière. Le deuxième adjectif s’entend si on est sensible au charme de ces lieux, ce qui est mon cas.</p>
<p>J’ai donc choisi un cimetière pour aller entretenir ma santé. On peut trouver ça peu approprié. Au début d’ailleurs, je m’attendais presque à ce que quelqu’un m’arrête pour me faire un reproche. Les italiens sont parfois très susceptibles avec la religion et le protocole. Et les cimetières, ailleurs et d’autant plus ici, sont des lieux extrêmement religieux si on se réfère au nombre de croix (ou autre) au mètre carré. Je me suis d’ailleurs parfois demandé où on est sensé être enterré si on n’est ni chrétien, ni juif, ni musulman. Si on n’a pas de « bonnes » raisons d’aller à Notre Dame de truc ou à Saint Machin, ni plus de reposer dans le carré juif ou au cimetière musulman. J’imagine qu’on y va quand même mais qu’on fait un peu bande à part.  Mais en fait je n’en sais rien ! Et ce n&#8217;est pas le sujet, je sais !</p>
<p>Bref, j’étais un peu dans mes petits souliers au début (ou plus précisément mes « <em>running </em>») mais on ne m’a jamais rien dit. Sachez cependant que personnellement je n’y vois pas de blasphème ni aucun irrespect. Je ne suis pas très copines avec les religions mais enfin, je respecte les croyances de tous si elles sont respectueuses de tous. Idem pour les morts et les douleurs des autres. Je rajouterai aussi que, si pour l’au delà et pour le « au dessus » je ne sais pas, je sais que la vie, celle qui se passe ici, on me l’a donnée et qu’elle est bien réelle. J’ignore si c’est juste ma mère et un extrait de mon père ou si ça « vient de plus haut » mais enfin, « on » me l’a donnée. Et je considère la chose comme précieuse. Alors, le minimum que je dois faire de cette vie, c’est de la rendre vivante. Tout en la conservant le plus longtemps possible ! Vivante comme le printemps, comme les sourires, comme les projets, comme les envies, comme le mouvement.</p>
<p>Je parle de ma vie et de la Vie en générale. Et de la mort si on la considère comme un prolongement de la vie. (C’est bien ce que l’on pense, non, lorsqu’on respecte les morts. On pense que ce n’est pas juste de la chair et des os en décomposition mais qu’il y a quelque « chose » qui reste. Je me trompe ?)</p>
<p>Si je ne me trompe pas ou, formulé autrement, si je suis mon raisonnement, lorsque je cours dans un cimetière, lorsque je fais fonctionner mon cœur, mes muscles, que je pose mon regard sur les choses, lorsque j’y réfléchis ou chantonne doucement, lorsque je savoure les rayons du soleil sur mon visage, pour moi c’est de la vie. Et c’est tout sauf blasphématoire. Et je pense tous les jours à Brassens qui a souvent blasphémé mais pas dans cette chanson là, selon moi. Pas dans sa si jolie « prière pour être enterré dans le cimetière de Sète ».</p>
<p>Très lentement je cours.</p>
<p>-         «<em> L’objectif c’est tenir »</em> m’a dit encore ma sœur, «  a<em>lors, tu vas doucement. Même si, au tout début, tu auras l’impression de faire presque du sur place. Et puis surtout, ne compte pas les minutes, ne regarde pas ta montre. Ne pense pas que tu cours. Ecoute ta musique ou pense à autre chose. Moi j’écoute la radio, branchée sur France Inter. »</em></p>
<p>Elle écoute France Inter mais sur mon mp3 j’ai pas cette option là. Alors moi je regarde et j’aime ce que je vois…</p>
<p>Dans mon cimetière romain, il n’y a pas la vue sur mer, ni le pin parasol, comme dans la chanson. Mais il y a des rosiers, en fleurs en ce moment.</p>
<p>Et beaucoup de fontaines qu’on actionne si besoin et où je bois de l’eau.</p>
<p>Il y a des anges en pierres. Des sculptures de jeunes filles en robes longues et flottantes, aux drapés magnifiques. Et puis des bustes d’hommes, sévères, à l’air grave, avec de grosses bacchantes.</p>
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-226" title="cimetiere" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/05/cimetiere.jpg?w=150&#038;h=86" alt="cimetiere" width="150" height="86" />Il y a des tombes arrogantes avec des aigles en bronze, juchés sur le dessus. Et de très beaux caveaux où, tout à fait vivante, il me plairait de vivre.</p>
<p>Il y a des chats partout et des petites lampes que je trouve plutôt laides.</p>
<p>Il y a des « <em>aviso </em>» placardés sur des tombes qui signalent aux familles que si elles ne font rien contre la pierre qui tombe et la mousse qui la ronge, leur mort laissera sa place.</p>
<p>Il y des fleurs en plastiques ou encore en tissus comme à peu près partout et des bouquets « vivants » mais qu’on laisse étouffer, encore dans leur papier &laquo;&nbsp;pour ne pas qu’ils s’abîment&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Il y des coins très beaux qui me donnent tous les jours des envies de campagne.</p>
<p>Il y a quelquefois des antivols aux portes de caveaux magnifiques. De gros, avec des chaînes comme pour les motos qui en plus d’être laids sont un peu pathétiques lorsqu’on pense, comme moi, que c’est pour empêcher que l’on y vole les morts !</p>
<p>Il y a des jardiniers qui sont là « au boulot » et un homme sur une tombe qui vient lire le journal.</p>
<p>Il y a d’autres choses encore, je n’ai pas fini de voir.  Mais déjà ce cimetière pour moi a une histoire. Avant même d’y courir je l’avais visité, trois fois au moins je crois. J’y ai même échangé, un jour, quelques baisers. Et puis j’y ai rêvé, et puis j’y ai marché. Si vous venez à Rome vous devriez le voir, il s’appelle Cimeterio di Campo Verano. Vous vous en souviendrez ?</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 2 mai 2009<br />
</em></p>
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		<title>Quelques jours en Sicile</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Apr 2009 17:25:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 16 : quelques jours en Sicile]]></category>

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		<description><![CDATA[Je ne recommanderais à personne d’aller passer quelques jours a Trapani. Pas que ce soit une ville laide, non. Le centre historique est joli. Sans plus mais joli. Le reste est assez quelconque. Une petite ville comme il en est tant. Trapani se trouve en Sicile, au nord de l’île, à l’ouest de Palerme. Trapani [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=222&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-362" title="trapani" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/04/trapani.jpg?w=150&#038;h=100" alt="trapani" width="150" height="100" />Je ne recommanderais à personne d’aller passer quelques jours a Trapani. Pas que ce soit une ville laide, non. Le centre historique est joli. Sans plus mais joli. Le reste est assez quelconque. Une petite ville comme il en est tant. Trapani se trouve en Sicile, au nord de l’île, à l’ouest de Palerme. Trapani est en bord de mer et est surtout pourvue d’un aéroport low cost. J’avais envie de mer et se soleil il y a deux mois environ et la compagnie à bas prix au logo bleu et jaune vendait des billets pour rien ou presque. A huit euros l’aller-retour je ne prenais pas de risques.</p>
<p>Je ne recommanderais a personne d’aller a Trapani mais je ne le déconseillerais pas non plus parce que, à Trapani…</p>
<p>Toujours grâce à mon réseau de voyageurs j’avais contacté un Trapanais. Il m’a dit :</p>
<p>- <em>Moi je n’y suis pas mais si tu veux je te laisse ma maison »</em>.</p>
<p>Quand je vous dis que ce réseau est fait de gens extraordinaires ! Je l’ai remercié bien sur. Nous avons échangé quelques mails sur l’art, la Tunisie où il se marie bientôt et sur autres choses encore. Autonio est artiste peintre. Et puis je lui ai dit :</p>
<p>- <em>Ta maison est dans la campagne, à quinze kilomètres de la ville et moi j’ai envie de rencontrer du monde, de partager la vie de Siciliens pour quelques jours.</em></p>
<p>Il m’a répondu :</p>
<p>-<em> Crois moi, tu ne seras pas seule. Appelle mes amis Aurelia et Vito, ils sauront trouver du temps pour toi. </em></p>
<p>Alors…</p>
<p>J’ai rencontré des gens d’une générosité que je n’égalerai jamais je le crains. Avec eux j’ai passé deux jours. Ils m’ont donné leur ville et présentée à leurs amis. Il y avait Aurelia, Basilio, Vito et puis Pepe. Ensemble nous avons déjeuné à la campagne car en Sicile, on a souvent deux maisons. Celle de la ville et celle de la campagne. Et parfois aussi celle du bord de mer. Et même si elles ne sont distantes que de 10 kilomètres, ce n’est vraiment pas pareil. Et puisque c’est dans la famille, alors autant en profiter.</p>
<p>Ils ont ouvert la maison, laissé entrer les chats et les odeurs des citronniers tout autour. Et puis Pepe a cuisiné. Pepe est Catalan, mais il a quitté l’Espagne et vit avec femme et enfants à cheval entre un appartement à Paris et son bateau amarré dans ce sud de l’Italie qui est devenu le sien depuis. Nous avions acheté du poulpe il a commencé par le découper. C’est décidément magnifique un homme qui cuisine. Il suivait de mémoire une recette andalouse. Je l’écoutais m’expliquer les secrets des amandes fraîchement pilonnées. De l’ail qu’on ne laisse surtout pas brûler. Des deux citrons choisis sur deux arbres différents, l’un pour son écorce épaisse et son goût moins acide, et l’autre pour son jus généreux qui sert à déglacer. Tous ces dièses et ces bémols que les amoureux des arômes savent si bien décliner.</p>
<p>Ils ont bu beaucoup je crois et la sieste s’est imposée après le déjeuner. La beauté du sud se cache là aussi ! Je me suis endormie, couchée sur le toit terrasse devant les palmiers qui se balancent face à la mer.</p>
<p>Le soir nous sommes rentrés à Trapani, avons marché dans les rues, rencontré d’autres de leurs amis, discuté, bu encore et mangé une glace délicieuse.</p>
<p>Le lendemain le rendez-vous non fixé était sur le bateau de Pepe. J’ai aimé ces intérieur de bois qu’il retape délicatement, ces livres qu’il y entasse, la chambre de sa plus jeune fille qui voyage encore avec eux et suit une scolarité par correspondance. Aimé aussi l’histoire de ses aînés qui étudient maintenant l’un en Inde et l’autre à Paris. Celle de sa femme qui écrit des livres pour enfants et puis aussi la sienne, lui qui vit de la mer et du corail qu’il y pêche. Nous avons bu le café parce que c’est un merveilleux moment.</p>
<p>Le soir suivant, c’est sur un second bateau que j’ai passé la soirée. Celui d’un autre encore dont j’ai oublié le prénom. Il a bien un appartement mais il préfère dormir là. Dans une cabine minuscule de peut-être 5 mètres carrés où nous étions 6 à nous entasser. Ils ont joué de la guitare et de l’harmonica, et chanté des chansons italiennes, et puis américaines. Cette fois je n’étais qu’avec des hommes. Une soirée <em>bellissima </em>et puis aussi intéressante. Car elle cassait l’image que veulent donner les italiens de la famille indestructible même si fêlée de partout. Ils avaient entre 40 et 50 ans. Tous, sauf un, pères de plusieurs enfants. Des hommes normaux, cabossés comme tout le monde, et qui comme moi ce soir là partageaient avec leurs semblables un doux moment d’humanité.</p>
<p>Je ne recommanderais à personne d’aller a Trapani mais j’ai fini par aller voir la maison d’Antonio. Aurelia et Basilio m’avaient offert leur hospitalité deux jours mais ma troisième nuit, je voulais la passer dans la maison de celui qui avait rendu tout cela possible. J’ai d’abord attendu sous la pluie un bus pendant une éternité. Il a fini par arriver. Nous sommes sortis de la ville et j’ai découvert la campagne. C’est le printemps et il m’offrait ce vert tendre qui réconcilie avec la vie n’importe quel désespéré. Je suis descendue dans un village. La pluie s’était arrêtée. L&#8217;air sentait la fleur d’oranger. La clé était, comme il se doit, cachée. J’ai ouvert la porte et pénétré la maison d’Antonio. La maison dont j’avais besoin, avec juste ce qu’il faut d’objets pour la rentre habitable. Des murs blancs, peu de meubles, des fenêtres qui s’ouvrent sur le jardin, des toiles au murs que j’ai aimées. Il y avait un petit mot pour moi. Du pain et de l’huile d’olive. J’ai ouvert toutes les fenêtres et respiré l’air divin. Il y avait un cd sur la chaîne alors je l’ai mise en marche. De la musique orientale qui m&#8217;a parlé de la Tunisie où Antonio était allé.</p>
<p>J’ai marché pieds nus sur la terre, cueilli des citrons aux arbres, bu un jus au goût extraordinaire. Mangé aussi le pain et l’huile. Fait un jogging dans les odeurs de pluie. Dormi seule chez un inconnu. J’ai laissé un mot moi aussi, refermé la porte derrière moi et recaché la clé. J’ai mis mon sac sur mon dos et marché vers l’aéroport, assez près. Un routier sympa s’est arrêté et a détourné son chemin pour m’accompagner à moitié. Un <em>carabiniere </em>un peu plus loin a fini de m’escorter. Il était content de me raconter qu’il faisait partie de la fanfare des gendarmes et qu&#8217;il avait joué à Marseille.</p>
<p>Devant les voitures qui attendaient ses contredanses on s’est ensuite salués. A l’aéroport j’avais du temps alors j’ai regardé les gens. J’aime beaucoup regarder les gens. C’est souvent assez touchant.</p>
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-223" title="citronnier" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/04/citronnier.jpg?w=150&#038;h=112" alt="citronnier" width="150" height="112" />Je ne conseillerais à personne d’aller à Trapani mais moi j’espère que j’y retournerai.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 30 avril 2009<br />
</em></p>
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		<title>Pâques à Naples</title>
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		<pubDate>Tue, 21 Apr 2009 13:58:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 15 : Paques à Naples]]></category>

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		<description><![CDATA[Du temps où je vivais à Marseille, et comme je l’ai écrit ailleurs sur ce blog, plusieurs italiens y étaient venus vérifier si Marseille est bien le Naples de France. D’après eux la réponse est non. Et moi je n’avais pas vu Naples. Je n’en avais pas eu l’occasion. Et puis la ville m’effrayait un [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=219&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-220" title="napoli_santelmo_5119" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/04/napoli_santelmo_5119.jpg?w=128&#038;h=85" alt="napoli_santelmo_5119" width="128" height="85" />Du temps où je vivais à Marseille, et comme je l’ai écrit ailleurs sur ce blog, plusieurs italiens y étaient venus vérifier si Marseille est bien le Naples de France. D’après eux la réponse est non. Et moi je n’avais pas vu Naples. Je n’en avais pas eu l’occasion. Et puis la ville m’effrayait un peu, à cause de sa réputation. Alors j’attendais la bonne occasion.</p>
<p>La bonne occasion ce fut la semaine dernière. Ma copine Sanja était en vacances. Alors on a cherché un « cs » pour nous accueillir. On l’a trouvé bien sur. J’aime les pays machistes car, quand on y est femme, on y trouve toujours un homme pour nous venir en aide. Ça a du bon !</p>
<p>Avant que je continue sur Naples, je dois donner quelques informations je crois sur le mot « cs ». Littéralement cela signifie « celui qui surf sur le canapé », (j’ai écrit volontairement ce mot en abrégé car je ne veux pas qu’il soit repérable par tous les moteurs de recherches. C’est un réseau que j’aime réellement et j’essaie de le protéger au maximum). C’est un formidable réseau mondial qui transite par internet et qui s’adresse aux voyageurs.</p>
<p>Sommairement, le système est celui-ci : Si des voyageurs viennent dans ma ville, je suis prête à les héberger, les conseiller, passer du temps avec eux. Ceci bien entendu en fonction des mes envies, disponibilités et autres. Et idem, lorsque c’est moi qui voyage, je peux également m’adresser aux membres du réseau pour qu’ils m’aident à découvrir leur lieu, non pas comme un touriste mais comme un « ami ». C’est un façon de voyager extraordinaire. J’ai hébergé beaucoup lorsque j’étais à Marseille. Je l’ai peu fait en Italie. La colocation se prête moins à l’exercice. En tous cas pour moi.</p>
<p>Bref, j’ai consulté les profils des cs napolitains, envoyé une demande et ai obtenu une réponse, positive, de la part de Francesco. Nous avons donc pris le train Sanja et moi et avons été accueillies à la gare, non pas par Francesco mais par Walter. Francesco étant au bureau, il nous a envoyé un ami. Si ça ce n’est pas du grand style ! La femme est une chose fragile dans l’imaginaire de l’homme du sud. Je ne démentirai pas… J’aime bien, quelquefois, être considérée comme une « chose » fragile.</p>
<p>Walter est donc arrivé est nous sommes tous les trois sortis de la gare. Dehors : un grand bordel, avec des bus dans tous les sens, des gens qui fourmillent, des stands de bricoles à vendre, du soleil, du bruit. Ca m’a rappelé des tas d’autres gares, dans des tas d’autres grandes villes : Paris, Athènes, le Caire… Pas Marseille étonnement. Mais la gare de Marseille est plutôt calme, en haut de son magistral escalier.</p>
<p>Nous avons pris un bus. Il y avait du monde, évidemment. Les portes se sont refermées. Et très rapidement, un homme s’est mis à secouer un autre. Il parlait en napolitain. Je n’ai donc pas compris ce qu’il disait. Mais j’ai compris qu’il était furieux. Le secoué avait des airs de victime, le visage de celui qui ne comprend pas. Le premier a pourtant continué à frapper le torse du second. Le blouson de ce dernier s’est ouvert. Il portait une ceinture dans laquelle il avait coincé son portefeuille. Un portefeuille orange. Et puis soudain je l’ai reconnu ce portefeuille. Ce n’était pas SON portefeuille, mais celui de Sanja. Le portefeuille volé un instant plus tôt par ce jeune homme au visage de victime. Le portefeuille que cherchait à récupérer celui qui semblait agressif, pour le rendre à ma copine. J’ai adoré cette scène. D’un coup je me suis souvenu des mots de mon ami Ezio, qui est originaire du coin :</p>
<p>- «<em> A Naples il y a le pire et le meilleur. Les gens d’une extrême générosité et les pires crapules. Je te souhaite de ne voir que le meilleur. </em>»</p>
<p>Nous n’avons pas vu la pire des crapules, par chance, mais nous avons connu le négatif et le positif de la ville, presque au même moment, et dans le bon sens. J’ai trouvé ça beau. Et beau aussi de voir que celui qui n’avait pas laissé faire était très secoué lui aussi. Ce n’était pas un héros de tous les jours, un habitué du respect de la loi et de l’ordre. Mais un citoyen ordinaire qui avait juste réagi avec son instinct et son sens de ce qui doit être fait.</p>
<p>Avec Walter nous avons marché dans la ville, suivant les ruelles conformes aux images d’Epinal… et de Naples. Avec les guirlandes de linge qui relient les fenêtres au dessus des passants et tout ce que l’on peut imaginer. On s’est approché de la mer que l’on aperçoit de la place aux quatre pouvoirs dont j’ai oublié le nom. J’ai pensé à Bordeaux, sans doute à cause de la majesté des ces grands bâtiments qui bordent cette grande esplanade. Je me suis laissée envoûter pas les explications historiques de notre « escort boy », par le mouvement des couleurs des vêtements au dessus de nos têtes, sur les gens et dans les vitrines des magasins, par la présence de la colline et par la fatigue qui arrive peu à peu, à force de marcher dans les rues qui grimpent. C’est là que j’ai pensé à Marseille, vraiment. La même mer et la même montagne tout autour. Les mêmes petites rues. Les mêmes origines grecques. C’était la première fois que je prenais conscience de l’origine grecque de Marseille.</p>
<p>Après moult échanges téléphoniques (je n’ai toujours pas compris le pourquoi de tous ces échanges si ce n’est le plaisir de téléphoner), nous avons fini par retrouver Francesco et, tous ensemble, nous sommes allés déjeuner. Une divine pizza « napoletana ». Il y a deux écoles pour la pizza, la “romana” et la “napoletana”. La différence est dans la pâte. La romaine est fine et craquante (moi je vous dirais sèche mais là c’est mon gout qui parle). La seconde est plus épaisse et souple. Mais en réalité la différence n’est pas QUE dans la pâte. Elle est aussi dans le gout des produits mais ça, il ne faut pas le dire à Rome. A Naples la mozzarella est divine, la tomate est parfumée comme nulle part ailleurs, le basilic est vraiment goûteux. Il ne faut pas mourir avant d’avoir goûté une merveilleuse « marguerita napoletana » Et si je repense à Naples aujourd’hui, la première impression qui me vient à l’esprit est celle du gout. On mange divinement bien à Naples.</p>
<p>Mais Naples ce n’est pas que cela. A Naples nous avons logé dans le quartier du Museo. Une incroyable maison sise dans un ancien couvent. Posée en haut d’un dédale de ruelles où il est impossible de ne pas sentir que chacun au coin des rues note votre présence.  Où il est impossible de ne pas penser à l’histoire de la ville, à son « contre pouvoir » des plus organisés. Même comme simple touriste de passage on ne peut que le sentir que là il se passe  &laquo;&nbsp;quelque chose de particulier&nbsp;&raquo;. En c’est au cœur de ces ruelles emmêlées, de ces gens tous dehors, de ces milliers de scooters conduits sans casque que Francesco nous a emmenées, dans son appartement de presque 200 mètres carrés où il vit seul, avec ces plafonds hauts de six mètres en croisées d’ogives, avec une vue sur un pré ou je n’aurais pas été étonnée de voir paître une vache.</p>
<p>Incroyable Naples. Incroyables voyages possibles grâce à mon fameux réseau ! Ce qu’il fait dans la vie Francesco ? &#8211; <em>Boh ! Chi lo sa</em>. Il m’a dit quelque chose pourtant, m’a donné une réponse à cette question bateau mais je n’ai pas compris. Pas à cause de mon italien je crois&#8230;  Il est des sujets à Naples qu’on n’aborde pas. Je ne le savais pas. Je l’ai donc également posée à d’autres ma question. Pas pour savoir combien de k€ ils pèsent mais pour tenter de comprendre comment on vit ici. Pour comprendre que font mes concitoyens pour &laquo;&nbsp;gagner leur vie&nbsp;&raquo; comme on dit.</p>
<p>- « On s’arrange ».</p>
<p>C’est une réponse que plusieurs m’ont donnée. Je m’en arrangerai donc. A Marseille aussi souvent « on s’arrange », je suis habituée !</p>
<p>Comme à Marseille, Naples a sa zone portuaire. Je ne parle pas du Vieux Port, charmant et bien rangé, mais de celui des marchandises qui transitent, des dockers, de la sueur et des zones de no man’s land. J’ai découvert celui de Naples. Certes ce n’est pas à proprement parler un lieu dit « touristique » mais il se trouve que, mal réveillée encore, le premier matin chez Francesco j’avais posé la cafetière <strong>électrique </strong>sur le feu. Elle n’a pas aimé ! Je me suis donc mise en tête de remplacer la pièce détachée brûlée. Le genre de chose que l’on ne vend que dans les quartiers spécialisés, de ceux où on trouve des casses, des électriciens magiciens et autres professionnels en voie de disparition. On m’a dit</p>
<p>- <em>c’est près des docks</em>.</p>
<p>Je me suis dit que j’avais envie d’y aller. Accessoirement pour la pièce. Plus encore pour voir la ville « en vrai ». Les ports, ça parle vraiment. C’est en tous cas ce que je pense. Et après l’expérience de la veille, Naples ne me faisait plus peur. J’étais donc prête pour les docks. Ezio me l’avait dit et le vécu me l’avait confirmé.</p>
<p>- <em>A part le risque de croiser un pickpocket il ne t’arrivera rien. Les gros réseaux organisés n’ont pas intérêt à se faire remarquer. Du coup, la ville est sure pour toi car ce qui s’y passe vraiment ne te concerne pas</em>. Il est plein de bon sens Ezio.</p>
<p>J’ai longé la mer et croisé des hommes, presque uniquement des hommes. Peu. J’ai vu les papiers et les plastiques qui volent. J’ai vu la pauvreté sans le linge qui pend aux fenêtres. J’ai vu aussi des gens sereins qui m’ont donné mon chemin.</p>
<p>Avec Sanja nous avons fini par avoir faim. On a demandé à un groupe d’hommes où on pouvait manger « <em>una cosa simplice, tipo pizza o… </em>», histoire qu’ils ne nous prennent pas pour des gogos. On l’a trouvé le restau indiqué. En face du marché aux poissons. Le fils en terrasse, la mère aux fourneaux. Une imposante <em>mamma </em>qui nous a régalées de sa casserole de fruits de mer sautés. De sa <em>pasta alle cozze</em>. De je ne sais encore. Un délice mangé au milieu du no man’s land du port, sur une place située entre les docks et la gare. Un lieu bien entendu indiqué sur aucun guide touristique, incontestablement délicieux.</p>
<p>Elle est venue vérifier la <em>mamma </em>que l’on avait aimé, et puis pour bavarder. Et puis nous offrir le pousse café. Elle s’est assise avec nous. Naples&#8230;</p>
<p>En partant, on lui a demandé notre chemin. Elle a ordonné à son fils de nous accompagner un peu, pour être sure qu’on avait compris. Une vraie mère. Le pire et le meilleure de Naples. Avec Sanja on a eu le meilleur. Et moi j’ai eu de la chance. Que Sanja soit comme ça. Que ça lui plaise de se perdre dans la zone portuaire, de se laisser manger par la ville sans savoir si ce sera bon ou pas. De parler aux inconnus. De marcher le nez en l’air.</p>
<p>Le soir, nous avons rejoint Francesco, et puis ses amis. Le napolitain sort, téléphone, se retrouve pour manger et discuter, boire un café, n’importe quoi qui permette d’être ensemble. On s’arrange. On compense sûrement tout un ensemble de manque par un chaleur humaine qui m’émeut encore chaque fois. Nous sommes partis à trois et avons finalement diné à six. Cette fois dans le quartier espagnol. Dans un lieu tenu par ce qui l’a semblé être des frères. Enormes, parlant fort, chacun pesant sans doute un demi quintal de viande ferme, évoquant la force du taureau, et servant dans des hurlements et pour presque rien des <em>bruschetta </em>recouvertes d’un légume inconnu de moi cuit et mariné dans une huile d’olive divine, du poisson en <em>carpaccio </em>à se damner, d’autres merveilles encore qui éblouissent le palais. Je n’avais pas faim, j’ai mangé. <em>Mamma mia</em> comme j’ai mangé !</p>
<p>Et finalement ? Je ne sais pas pour Marseille et Naples. Je dirais que oui, Marseille est bien le Naples de France. Je crois que les deux sont sœurs. Et font partie de la famille des ports.</p>
<p><em>Adesso ho fame, una fame da morrire</em>. Et si je le pouvais, à l’instant je retournerais à Naples. Pour y manger.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 21 mars 2009<br />
</em></p>
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		<title>C&#8217;est le printemps</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Apr 2009 09:35:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 14 : C'est le printemps...]]></category>

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<h1><img class="alignleft size-full wp-image-214" title="arbre-de-judee" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/04/arbre-de-judee.jpg?w=116&#038;h=94" alt="arbre-de-judee" width="116" height="94" /></h1>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Arial;">Ces jours-ci j’écris peu ici car ma boussole s’est emballée. Et si on a perdu le nord, c’est assez compliqué dirais-je de donner sa position. <em>Giusto </em>?</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Arial;">En résumé je dirais que j’ai débrayé et que je laisse aller. J’ai de grands choix à faire et en ce moment T (je me suis toujours demandé pourquoi on disait moment T et pas moment M. Et j’adore me poser ce genre de questions, surtout quand d’autres, plus importantes, restent en attente de réponses) bref, en ce moment T, je suis incapable de décider. Donc je me laisse porter. Pour une fois, c’est le « « « « Destin » » » qui décide. Ou moi plus tard…</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Arial;">Disons que je ne suis plus sure de vouloir rester ici. Le marché du travail, je dois bien me l’avouer, est hyper saturé. Les salaires sont ridicules et puis aussi… et puis surtout je crois&#8230; je vois que ce pays est en grande décadence. Qu’il est, en bien des points, au niveau d’un pays sous développé. Alors, quitte à vivre l&#8217;expérience d&#8217;un tel pays, autant être vraiment, autant être <strong>plutôt</strong>, dans un pays « en voie de développement » Au moins, il y a un espoir ! Ici il y en a peu.Enfin, selon moi&#8230;<br />
</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Arial;">L’Italie est Européenne. Ca ne se sent pas trop mais c’est malgré tout un fait. Et pas un de ces nouveaux pays qui viennent de débarquer dans le marché commun. Non, elle est là depuis toujours, elle a eu tout le temps. mais&#8230; &#8230; &#8230; </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Arial;">Ca n’enlève rien au charme de cette ville magnifique dans laquelle je vis. Ca n’enlève rien non plus à la beauté des italiens qui sont autour de moi. Ils gardent cette poésie et cette générosité que j’ai aimée immédiatement mais, j’ai vraiment du mal avec leur politique, avec le poids de tout un tas de choses qu&#8217;ils acceptent comme une fatalité. Je sens la peur et la soumission ici chez presque tous. Et <strong>ça</strong>, je le supporte assez peu.Et pas sur que ce serait beaucoup mieux même si ma vie personnelle était plus florissante.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Arial;">Quoi qu’il en soit, plus prosaïquement au niveau de ma vie « personnelle et actuelle », la Villa <em>Medici </em>a dit non. Pas de rendez-vous possible ! Après 5 mois de relances, de courriers et de « rappeler plus tard » j’ai enfin reçu un mail, hier, qui disait de la façon la plus « type » qui soit que mon profil est blablabla mais que malheureusement blablabla. </span><span style="font-family:Arial;" lang="EN-GB"><em>Welcome back on Earth </em>!” </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Arial;">Cela dit, et même si j’ai perdu beaucoup de ma motivation, j’ai répondu il y a trois jours à une très belle offre d’emploi à la FAO, « THE entreprise where to be » à Rome. Pour une fois que je vois une offre d’emploi intéressante, je n’allais quand même pas l’ignorer ! Je corresponds, je crois, au profil décrit bien que dans les « must have » on demande aussi un diplôme que je n’ai pas du tout. Cela dit, j’ai essayé.. Avec une longue lettre sincèrement motivée. <em>In bocca al lupo</em>&#8230;</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Arial;">Mais la vraie bonne nouvelle serait un retour positif de ma démarche auprès du Guide Vert Michelin. Ce serait même l’idéal. Faire le guide de l’Italie… avant de quitter l’Italie. (serais-je en train de répondre a ma question ? Non, non, pas encore). Je la visiterais avec le sérieux que je n’ai pas toujours lorsque c’est « juste pour moi ». J’aurais appris une langue et connu un pays&#8230; </span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Arial;">Nonnnnn ! Mais non je vous dis, je n’ai pas encore choisi ! Même si, je le vois, je conjugue déjà mes verbes au passé. Mais au conditionnel ; conditionnel passé ! Alors on ne s’emballe pas ! Je me laisse quelques mois&#8230;</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Arial;">Enfin, en attendant, le mois prochain je change d’appartement. Pour tout un tas de raisons celui-ci ne va pas. Je m’élève dans le ciel. &laquo;&nbsp;Huitième étage, vue dégagée&nbsp;&raquo;. C’est important de voir loin, pour savoir ou l&#8217;on va !</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Arial;">En attendant c’est le printemps. Après les mimosas les arbres de Judée sont en fleurs. On respire dans Rome un air de légèreté. On déjeune en terrasse, les regards s’alanguissent, les soirées sont plus longues. Je savoure. Entre l&#8217;Italie et moi ça passera ou cassera. Maintenant je l’accepte. Mais au moins je l’aurai vécu. Alors autant que ce soit pleinement. Vivre. Essayer. Et si je me trompe, ce n&#8217;est pas grave. Mais vivre ! C&#8217;est depuis longtemps mon credo. Même en période de creux, c&#8217;est encore ce que je pense&#8230;</span></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 3 avril 2009<br />
</em></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;"> </span></p>
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		<title>C’est dans les moments difficiles que l’on compte ses amis…</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2009 19:44:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 13 : C'est dans les moments difficiles que l'on compte ses amis]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est une maxime (je crois que ce genre de phrase s’appelle une maxime. A moins que ce ne soit qu’une simple expression, les nuances de la langue françaises sont infinies…). On la prononce en général avec un air un peu coincé, de ceux qui signifient « et ce n’est pas joli-joli ! » Comme je l’ai écrit [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=203&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family:Arial;"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-204" title="ours-polaire" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/03/ours-polaire.jpg?w=128&#038;h=83" alt="ours-polaire" width="128" height="83" />C’est une maxime (je crois que ce genre de phrase s’appelle une maxime. A moins que ce ne soit qu’une simple expression, les nuances de la langue françaises sont infinies…). On la prononce en général avec un air un peu coincé, de ceux qui signifient « et ce n’est pas joli-joli ! »</span></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;"> </span></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;">Comme je l’ai écrit dans le chapitre précédent, je viens de traverser deux semaines de creux, un état pas vraiment agréable où on se sent perdu, sans ressource ni défense, avec juste une envie de pleurer ou de rentrer dans un trou pour une hibernation à durée indéterminée. Je n’ai pas hiberné cependant, et j’ai laissé entendre à qui sait écouter que le moral n’était pas au beau fixe. On ne sait jamais…</span></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;"><br />
</span></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;">Et, je dois dire, j’ai eu de très jolies surprises ! Mes amis de toujours bien sûr (mais est-ce toujours sûr ?) ont été là pour m’écouter, me conseiller, m’aider à regarder du coté de la lumière. C’est merveilleux les amis de toujours, même si d’ailleurs, je connais ceux-là depuis moins longtemps que toujours. Mais je les connais bien je crois. Et ils me connaissent bien. Je pense notamment aux amis de Marseille, ceux de ma vie «d’avant» </span></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;"><br />
</span></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;"> </span></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;">Mais la surprise, la vraie, je l&#8217;ai reçue du coté italien. Parce que finalement les gens que je côtoie ici, que ce soit régulièrement ou même pas, mes petits états d&#8217;âme, hein&#8230;Et pourtant, et pourtant, de certains ici aussi j&#8217;ai reçu de très jolis cadeaux. Des signes qui signifient que pour eux ma présence ici compte. Et que si finalement je m’en vais, je renonce, ça a une importance. Parce que très doucement je fais partie des leurs. C’est très fragile encore, ça se voit presque pas. Mais ça se voit quand même. Dans des petits messages remplis de jolies choses. Des coups de téléphone pour savoir si je vais. Et si je ne veux pas qu’on m’apporte une douceur. Un bon tiramisu pour soulager mon dos. Comme j’ai déjà écrit dans un autre chapitre, ici bien plus qu’ailleurs, beaucoup de la tendresse passe par la nourriture. J’ai eu aussi des mails pour me faire suivre quelques offres d’emploi. D’autres m’ont offert aussi leur hospitalité. Et pas juste une personne ! J’ai trouvé une épaule pour essuyer deux larmes. J’ai pu aussi laisser, devant un verre de vin, le trop plein de tristesse dans des échanges de rires. J’ai reçu des sourires. Et beaucoup de chaleur. </span></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;"><br />
</span></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;"> </span></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;"> </span></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;">Et puis il y a des gestes encore moins attendus&#8230; Comme beaucoup, j’ai Facebook. Je reste parfois sceptique devant cette « chose » virtuelle oui mais enfin, je l’ai ! Et d’ami d’ami en ami d’ami, j’en suis venue à « rencontrer » des gens avec qui j’échange plus que régulièrement des paroles écrites. J’ai ainsi un trio. Tous les trois se connaissent et à quatre on plaisante et échange des bons mots quasiment tous les jours. Mais enfin c’est virtuel. Ou plutôt, ça l’était. Car si un jour quelqu&#8217;un qui ne m’a jamais vue me donne spontanément ses relations professionnelles, ses amis, ses contacts, le tout avec des noms, des mails, des téléphones et qui plus est, ses recommandations, je ne peux plus considérer que c’est un ami « virtuel ». Parce que qu’il a fait, parce que ce qu’elle a fait, certains amis « en vrai » ne le feraient pas tous. </span></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;"><br />
</span></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;"> </span></p>
<p style="margin:0 0 .0001pt;"><span style="font-family:Arial;">Depuis 2 ou 3 jours je respire beaucoup mieux. Mon dos me dit encore qu’il reste un peu bloqué mais je suis presque droite. Le soleil brille sur Rome. J&#8217;ai des colocataires qui sont plus que pénibles mais on a un jardin où je sors maintenant avec l’ordinateur pour rédiger mes piges en cultivant mon hale. Rien de nouveau concrètement concernant mon avenir. Je ne sais toujours pas si je reste ou je pars. J’ai du mal à me projeter plus loin que dans 2 courtes semaines. Six mois, j’ai dit six mois ! Je verrai. D’ici là j’essaie d’être efficace dans tout ce que je fais. Je suis plus stricte dans mes prospections, plus exigeante et aussi, je l’espère, plus efficace aussi. Je savoure mieux Rome et ce qu’elle a de plaisant. Si je pars dans six mois autant avoir au mieux profité du voyage. Avec les gens aussi je fais plus attention. C’est important les humains, c’est le plus important. A Paris, à Marseille, à Rome ou à Quito, comme me l’a écrit Philippe «toi, du moment que tu as un boulot qui te plait et des gens que tu aimes, tu peux vivre partout». Il a raison je crois !</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Arial;">C’est pour les gens que j’aime que j’ai écrit ce texte. Je les aime </span><span style="font-family:Arial;">beaucoup, </span><span style="font-family:Arial;">un peu, passionnément, depuis toujours ou depuis quelques jours mais je les aime.</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Arial;">Alors, dans le désordre : Emmanuelle, Manouche, Odile, maman, Philippe, Eleonora, Lorenzo, Imma, Sabrina, Giorgio, Mario, Marika, Roberta, Albin, Ezio, Francesco, Manuela, Patricia, Claire, Jude, Rita, Sanja, Sybille, merci.<br />
</span></p>
<p class="MsoNormal"><span style="font-family:Arial;">C’est dans les moments difficiles que… et la liste est plus belle que je ne l&#8217;espérais. MERCI.</span></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 28 mars 2009</em></p>
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		<title>Y’a aussi des jours sans !</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Mar 2009 15:25:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 12 : Y'a aussi des jours sans !]]></category>

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		<description><![CDATA[Mars 2009, les printemps revient, les oiseaux se sont remis a chanter, hier j’étais invitée à un barbecue chez un copain, un peu en dehors de Rome. Il y a avait des pâquerettes plein la pelouse et aux arbres, les nouvelles feuilles débourrent. Mais si j’écris cela ce n’est pas pour parler de renaissance mais [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=195&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-196" title="paquerettes0319" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/03/paquerettes0319.jpg?w=63&#038;h=96" alt="paquerettes0319" width="63" height="96" />Mars 2009, les printemps revient, les oiseaux se sont remis a chanter, hier j’étais invitée à un barbecue chez un copain, un peu en dehors de Rome. Il y a avait des pâquerettes plein la pelouse et aux arbres, les nouvelles feuilles débourrent. Mais si j’écris cela ce n’est pas pour parler de renaissance mais parce que cela fait déjà 2 saisons que je suis là, une demie année.</p>
<p>J’ai passé la période d’euphorie et la période d’acclimatation. Je commence à savoir m’orienter dans Rome, j’ai quelques adresses de restau et de cafés qui sont &laquo;&nbsp;les miennes&nbsp;&raquo;, mon répertoire téléphonique comprend maintenant une petite liste de gens qui, s’ils ne sont pas encore des « amis » sont malgré tout des copains, des gens avec qui je sors, qui m&#8217;invitent&#8230; Donc, je peux dire que je vis à Rome. Oui&#8230; mais non !</p>
<p>Car dans « vivre à » pour moi il y a forcement une notion de travail. Appartenir à une société c’est aussi y travailler. C’est peut-être une notion très capitaliste, formatée et conditionnée mais c’est la mienne ! Or du boulot ici, je n’en ai pas. Au départ je le prenais comme une chose normale puisque je ne parlais pas la langue. Puis je l’ai appréhendé avec philosophie en me disant que « ça viendrait » : Ces derniers jours je l’ai regardé avec panique. Toute personne sensée sait que la panique nous fait agir n’importe comment. C’est donc ce que j’ai fait. D’un coup et sans raison rationnelle je me suis dit : &laquo;&nbsp;il te faut du travail, maintenant, n’importe lequel&nbsp;&raquo;. J’ai lu les annonces, j’ai envoyé des mails dans tous les sens et… on m’a proposé quelques heures de ménage, dans un <em>bed and breakfast</em> : &laquo;&nbsp;ménage et accueil de la clientèle. Notions d’anglais demandées&nbsp;&raquo;.  Bien sur, comme me l’a si justement dit mon interlocuteur, je suis « sur-qualifiée ». C&#8217;est rien de le dire ! Mais, je me suis dit aussi que je pouvais le faire, qu’il n’y avait rien de déshonorant là dedans, que finalement c’était mieux payé que d’autres boulots plus qualifiés (le pire c’est que c’est vrai), que c’était une expérience, qu’il fallait que je sorte de mon carcan bourgeois blablablabla et que ce n’était que quelques heures par semaine, pour un engagement de six semaines.</p>
<p>J’ai donc dit oui. Rendez-vous prévu le lendemain 13 heures. On a beau dire, rationaliser, relativiser, tout ce qu’on veut ; j’ai passé une nuit épouvantable. Je me suis levée, habillée j’ai pris mon petit déjeuner, je me suis baissée pour prendre mes chaussures et… je suis restée coincée. D’un coup. Fulgurant. Inattendu. Efficace. Impossible de me relever sans ressentir une immense douleur dans le bas de la colonne vertébrale. Vé-ri-dique. Certains auraient dit : manque de sport. D’autres : coup de froid, sciatique, scoliose&#8230; D’ailleurs, tout le monde ensuite m’a donné son explication personnelle. Moi j’ai pensé, immédiatement et exclusivement.  -	Ben voilà. Tu ne veux pas y aller, c&#8217;est clair ! Et puisque tu agis contre toi, alors ton corps te dit CLAIREMENT ce que tu ne veux pas écouter autrement. Ce que j’aime dans le corps c’est qu’il articule quand il parle ! Enfin, si je puis dire parce que ce coup là, l’articulation, il l’a plutôt bloquée !</p>
<p>J’ai immédiatement décommandé le rendez-vous. J’ai attendu que la douleur passe. Elle n’est pas passée. J’ai fait savoir ce qui m’arrivait aux gens autour de moi et j’ai vu une jolie chose. Dans mon carnet d’adresses italien il y a de belles personnes. Des gens que je connais mal encore mais qui ont su me faire sentir que je n’étais pas si seule. Ca ne soulage pas le dos mais ça soulage le reste. Beaucoup. Ca permet de pleurer sur une épaule et pas dans son lit, de parler, de déposer les maux plutôt que les laisser nous ronger. De rigoler aussi. Et de se regonfler un peu l’ego. Autour de moi je le sais maintenant, il y a des gens qui m’aiment et m’estiment. Ca n’a pas de prix.</p>
<p>Ca fait maintenant 5 jours que je me suis coincée. <em>Piano, piano</em>, la douleur s&#8217;atténue. Je dois dire qu’elle prend son temps mais enfin, ça me laisse le temps de penser, toutes ces heures à ne pas trop bouger ! Alors je pense que&#8230;</p>
<p>Premièrement : Même perdue, je dois me souvenir de qui je suis, ce que je veux, ce que je vaux et de où je vais.</p>
<p>Deuxièmement : me souvenir aussi que «on ne tire pas sur une fleur pour la faire pousser plus vite». Ce n’est pas de moi mais c’est on ne peut plus vrai. Je sais de quoi je parle, j’ai étudié les plantes.</p>
<p>Troisièmement : il y a toujours un plan B, même en cas d’échec. Faut faire ça avec méthode : on pose les mains par terre, on relève un genou, on prend appui sur l’autre jambe, on fait marcher les muscles des fesses et de je ne sais où et on se redresse. Puis, on repart.</p>
<p>Mon plan B je l’ai dessiné trait par trait ces derniers jours. Je me donne encore 7 mois pour faire un nouveau point. Parce que je veux prendre le temps, ne pas renoncer à la première chute. Je me connais, j’ai cette tendance. Donc, non ! Encore 7 mois avant de trancher. Le temps du premier anniversaire romain. A ce moment là je regarderai ou j’en suis : Soit j’ai trouvé ici un équilibre. Ce qui signifie entre autre, un boulot qui m’épanouisse et me permette de vivre décemment. Soit non et alors éventuellement je dévie ma route.  Faut pas bloquer devant le mur !</p>
<p>Je continue de penser que rien n’est impossible dans la vie et que tout dépend toujours de la motivation, autrement dit : du prix qu’on veut y mettre. Il se trouve que mon prix est celui-là. Un an pour trouver un boulot digne de ce nom et un chez-moi à moi. Sinon, c&#8217;est trop cher,  ça ne vaut pas le coût. Au sens premier du mot.</p>
<p>Si ce n’est pas possible, je garde la maîtrise de la langue italienne que j’aurai forcément acquise à ce moment là, cette première expérience de la vie « hors de mon pays », les bons souvenirs et le vécu et… je traverse l’océan, direction l’Equateur où j’ai un morceau de famille et, compte tenu de tas de critères, un peu plus de chances que les choses, en tous cas matérielles, y soient plus faciles en cette période de bouleversement mondial (joliment dit, non?).  J’y partirais pour un an, pour deux ans, pour dix ans ou pour la vie, je n’en sais rien. De toutes façons on ne sait rien de rien alors… Je pense être profondément européenne et faite pour vivre à terme sur ce continent exclusivement mais… « <em>boh </em>» comme on dit ici ! La façon locale d&#8217;expliquer le &laquo;&nbsp;<em>who knows</em>&#8230;&nbsp;&raquo; A voir, de toutes façon ce n&#8217;est pas pour tout de suite.</p>
<p>Aujourd’hui il fait beau. Ce matin j’ai potassé mon dossier « villa Medici » car je n’ai toujours pas abandonné l’idée d’y bosser. Si j’en crois la presse locale, le nouveau directeur a des projets intéressants qu’il souhaite y développer.  Et moi je souhaiterais « en être » car ces projets là m&#8217;intéressent. C’est toujours d’actualité&#8230; A 13 heures j’ai déjeuné dehors, dans le jardin, avec Sybille, ma colocatrice allemande&#8230; Je vais maintenant aller acheter un débardeur ou deux pour le printemps. Je vais marcher lentement, au rythme que m’impose encore mon dos. Mais j’y vais&#8230; Demain je retourne au cours d’italien. La vie continue.</p>
<p>Je suis en crise, moi aussi, comme le reste du monde. Je subis de grandes perturbations. Mais « on espère une belle éclaircie après dissipation des brumes matinales » .</p>
<p>Alors, une inspiration après l’autre, je m’applique à respirer sereinement. «Demain est un autre jour » comme dit Ma&#8217;am Scarlett. Elle est un peu gneu gneu cette fin de film mais bon, parfois le bon sens populaire… Certes c&#8217;est au ras des pâquerettes mais, j&#8217;aime bien les pâquerettes finalement.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 16 mars 2009<br />
</em></p>
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		<title>C’est la crise, toi même !</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Mar 2009 21:26:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[chap 11 : C'est la crise toi meme !]]></category>

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		<description><![CDATA[5 mois. Hier cela a fait très exactement 5 mois que j’ai quitté la France, ma langue, mes amis, mes repères et le reste et que je suis venue vivre à Rome. Grâce aux ASSEDIC et aux accords européens, cela ne fait en réalité que 2 mois que je vis de mes économies et des [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=186&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-187" title="gare-20" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/03/gare-20.jpg?w=128&#038;h=96" alt="gare-20" width="128" height="96" /> 5 mois. Hier cela a fait très exactement 5 mois que j’ai quitté la France, ma langue, mes amis, mes repères et le reste et que je suis venue vivre à Rome. Grâce aux ASSEDIC et aux accords européens, cela ne fait en réalité que 2 mois que je vis de mes économies et des quelques piges que j’écris encore pour la France mais enfin, comme j’aime à le dire de façon certes un peu cavalière «il va falloir passer la seconde ».</p>
<p>En 5 mois, mon italien quasi nul a atteint un niveau tout a fait respectable. J’ai un débit un peu lent, je fais des tas de fautes d’accords, de conjugaison, de grammaire et que sais-je encore mais enfin je parle et on me comprend. Cela dit, je ne peux pas affirmer sans ciller que je le parle « couramment ».</p>
<p>L’économie mondiale étant ce qu’elle est et les miennes étant ce qu’elles sont, j’ai donc décidé, en attendant le poste « idéal », créatif, intéressant, épanouissant et décemment rémunérateur de chercher un « <em>lavorino </em>», un p’tit boulot. Si les voyages forment la jeunesse ils nous forment parfois également à vivre « comme les jeunes », en coloc et avec un petit boulot. <em>Ma, perche no ?</em> Lorsque j’ai décidé de changer de vie j’ai évidemment pensé que cela risquait d’être ainsi quelques temps. Et je l’ai accepté alors&#8230;</p>
<p>Parlant 2 langues couramment et 2 autres décemment, je me suis dit que je pouvais peut-être prétendre travailler dans un hôtel de luxe. J’ai une certaine éducation, une grande habitude de l’étranger, qu’il soit pays ou citoyen, je suis communicante de métier et de caractère, je mouche mon nez, je dis bonjour à la dame, je sais me servir d’un téléphone, d’un ordinateur, d’un cerveau, je ne réserve pas mon sourire pour les seuls jours de noce et je suis plutôt dégourdie. On a vu profil moins ad oc !</p>
<p>Certes, on n’a pas manqué de me dire que « ça ne serait pas facile, que l’Italie n’était vraiment pas le pays idéal pour y trouver du travail, que c’est la crise… »</p>
<p><em>-	Ah bon ? C’est  la crise ? Vous m’en direz tant ! Non lo sapevo&#8230;</em></p>
<p>C’est une phrase terrible celle-ci, 4 petits mots qui ont le don de vous couper les tendons, là, juste au dessus du talon. A peine parti on s’écroule.</p>
<p>-	<em>JE LE SAIS QUE C’EST LA CRISE !  Et alors ? On fait quoi une fois qu’on l&#8217;a dit ? Non parce que, en plus, ajouterais-je, ce n’est pas qu’en Italie figurez-vous. C’est partout. Vous lisez les journaux ? Vous voyagez ? </em></p>
<p>Moi, de moins en moins je lis les journaux mais de plus en plus je voyage. Et je le vois bien que c’est la crise. Que je ne suis pas la seule de ma génération à vivre en colocation. C’est pareil à Madrid, Barcelone, New-york, etc Et pas juste parce que c’est rigolo, parce que c’est chouette comme dans la série TV ou parce que d’autres, eux aussi, tentent un nouveau départ. C’est parce que C’EST LA CRISE ! Vous voyez, on est tous au courant. Bon alors, et maintenant qu’on l’a dit et redit, qu’on s’est bien coupé les jambes et attaqué le moral avec cette scie musicale, on fait quoi ? Un suicide collectif ? Ca peut aider remarquez. Si on divise la population par deux, les autres peuvent peut-être prendre les boulots restants. Ok, va pour le suicide du siècle ? Comme dans cet excellent roman &laquo;&nbsp;Petits suicides entre amis&nbsp;&raquo;  de Arto Paasilina dont je viens de terminer la lecture.  Bon alors on fait comme ça : Vous partez devant, j’arrive. Je vais juste trouver du taf mais promis, dès que j’ai terminé je vous rejoins sur le projet suicide !</p>
<p><em>-	Ohhhh, mais c’est que ça finit par m’agacer cette ritournelle !</em></p>
<p>Crise ou pas, je me suis donc lancée à la découverte du marché du travail italien. Ayant suivi un jour une formation de chef d’entreprise (j’ai fait ça aussi dans ma vie, chef d’entreprise. J’en ai fait des choses diverses ! Enfin bref…) ayant donc été formée à…, on m’a enseigné la prospection téléphonique.  En principe on est sensé préparer un argumentaire détaillé avec un déroulé précis de la conversation. On part de A, on va à B, coûte que coûte. C’est mon problème, l’argumentaire et le déroulé. Pas que je ne sache pas le faire mais je trouve ça forcé. Or, j’ai personnellement horreur de me sentir forcée ou manipulée alors, je n’ai jamais pu le faire vivre à l’autre. Je suis plutôt du genre « au feeling ». Suis une sensible que voulez-vous. Je sais bien que je vais à B, mais si l’autre ne veut pas y aller… En revanche, s’il est hésitant, je fais tout pour le convaincre que ce sera bien d’aller à B et pour lui rendre le voyage agréable.</p>
<p>-<em> Allons ensemble à B, moi je connais des chemins très chouettes</em>.</p>
<p>Je sais, vous pensez que je m’égare. Mais pas du tout, je sais ou je vais ! J’en étais au phoning. Ah, vous voyez ! Et je vous disais que le phoning je le faisais au feeling. Et pas que pour la rime. C’est peut-être moins « efficace » mais ça marche. La preuve, je n’ai jamais crevé de faim. Du boulot, j’en ai toujours trouvé. Mon amie Fabienne dit même de moi que je suis effarante d’efficacité. Bon, tout ceci me semble assez relatif car quand on cherche on trouve le temps long mais bon, si elle le dit, elle doit avoir dans un sens raison, c’est mon amie depuis plus de 25 ans, elle me connaît ! Seulement, l’inconvénient du « feeling » c’est que, par définition, je ressens, tout ! Le positif mais aussi le négatif. Le « non » je le prends pour moi. Et du coup, évidemment, l’épreuve du phoning peut être éprouvante, selon l’interlocuteur.</p>
<p>Mais en Italie, pays de crise oui je sais, les gens sont courtois et chaleureux. Et ça, ça change tout ! Vous pouvez appeler n’importe qui, à n’importe quel niveau. Vous tomberez sans doute sur une secrétaire qui, ici comme ailleurs, a un rôle de filtre. Et qu’il faut passer. Mais elle sera TOUJOURS agréable, prête à recevoir vos relances avec courtoise. Vous demandez si vous pouvez rappeler, et ici ou répond</p>
<p>-	« <em>ma come no ?</em> ».  Qu’il est doux ce : « mais comment non ? ».</p>
<p>Tous ceux qui ont eu à affronter ce genre de barrage en France, du type de ceux où on vous fait clairement comprendre que vous dérangez, que vous êtes la N ième à appeler et que sans passe-droit vous n&#8217;avez aucune chance, savent de quoi je parle. Et ici en plus, lorsque vous rappelez, on se souvient de vous. Parce qu’on a vraiment écouté votre requête. Mieux : on s’excuse d’avoir été débordé, d’avoir eu des urgences à faire passer avant vous. Peut-être que le résultat est le même mais je vous assure que ça change vraiment tout. On n’a pas les jambes coupées au bout de 2 coups de fil. On peut recommencer. C’est la crise peut-être mais on continue à vous parler comme à un humain digne d’intérêt. Pas comme à un chien dans un jeu de quilles.</p>
<p>Et du coup, avec énergie je continue. De toutes façons, crise ou pas, je n’ai jamais été dans la bonne case, j’ai jamais choisi le « bon chemin ». J’ai choisi il y a longtemps d’être journaliste et on m’a dit « c’est pas facile » : J’ai voulu bosser à la télé et on m’a dit « faut être pistonné » : J’ai voulu voir mon livre publié et là aussi c’était compliqué… J’ai décidé de divorcer, quitter Paris, refaire ma vie, vivre à la campagne et travailler dans des jardins. On m’a dit «tu vas te planter » (remarquez, dans les jardins, c’est l’endroit où jamais !). J’ai pensé ensuite aller vivre dans le sud de la France et à chaque fois, et à chaque pas quelqu’un a dit « c’est pas facile tu sais ». Oui, je sais !</p>
<p>Mais j’ai quand même été journaliste, j’ai bossé à la TV, j’ai eu 3 livres publiés. J’ai vécu à la campagne au milieu d’un champ de colza, j’ai travaillé dans les jardins. Puis je me suis rapproché du soleil, j’ai vécu au bord de la mer. Toutes ces réussites je les aies savourées. Pas comme des victoires, la victoire pour elle même ne m’intéresse pas. Mais parce que j’ai vécu chaque moment au plus près de ce que je souhaitais. Et toutes ces réalisations, elles ont souvent été rendues possibles après une période de crise d’ailleurs.</p>
<p>-	De quoi ? …</p>
<p>Dernièrement j’ai quitté mon pays, appris une nouvelle langue, lâché tous mes acquis. A chaque fois je recommence. A chaque fois c’est un autre pari. A chaque fois il y a des obstacles. Je tombe, je trébuche, je perds courage. Jusqu’à présent je me suis chaque fois relevée et j’ai continué d’avancer. Aujourd’hui j’en suis là. C’est pas gagné, ça fait peur. Mais je préfère malgré tout monter dans le train plutôt que d’être celui qui reste sur le quai et dit à l’autre  &laquo;&nbsp;t’as de la chance». C’est pas mieux c’est juste comme ça, c&#8217;est ce qui me convient à moi. En plus, je ne crois pas trop à la chance. J’ai eu de la chance au départ ça oui, celle d’être née en Europe, dans un pays de paix, avec 2 parents qui m’ont donné une certaine éducation. Mais le reste, c’est quand même moi qui suis allée le chercher.C&#8217;est pas de la chance, c&#8217;est de la vie.</p>
<p>Cette citation de Georg Christoph Lichtenberg aussi je suis allée la chercher:  « Il m&#8217;est assurément impossible de dire que le changement signifie toujours une amélioration, mais ce que je puis dire, c&#8217;est que toute amélioration nécessite le changement ».  J’aime bien. Lui aussi il le dit que «ce n’est pas gagné» mais…  La crise aussi finalement, elle aura peut-être du bon. Faut aller voir derrière. On y va ?</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 10 mars 2009<br />
</em></p>
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		<title>Arrivée par la mer</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Feb 2009 11:26:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>marseillerome</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chap 10 : Arrivée par la mer]]></category>

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		<description><![CDATA[Au départ c’était pour le scooter. C’est qu’un scooter à Rome, cela s’impose, non. ! Or il se trouve qu’en plus j’en ai un, mon moyen de transport depuis 3 ans déjà ! Seulement, un scooter, cela ne prend pas l’avion ! Donc j’ai étudié toutes les possibilités et la plus évidente et économiquement intéressante [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=marseillerome.wordpress.com&amp;blog=6014808&amp;post=176&amp;subd=marseillerome&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-386" title="Premiere escale" src="http://marseillerome.files.wordpress.com/2009/02/premiere-escale.jpg?w=150&#038;h=120" alt="Premiere escale" width="150" height="120" />Au départ c’était pour le scooter. C’est qu’un scooter à Rome, cela s’impose, non. ! Or il se trouve qu’en plus j’en ai un, mon moyen de transport depuis 3 ans déjà ! Seulement, un scooter, cela ne prend pas l’avion ! Donc j’ai étudié toutes les possibilités et la plus évidente et économiquement intéressante était de prendre le bateau, avec le scooter. Départ Toulon, à 60 km de Marseille, arrivée Civitavecchia, 70 km de Rome.</p>
<p>Pour vous cela peut sembler simple, je ne sais pas, mais pour moi cela représentait déjà une première aventure. J’ai un 125, c’est à dire un 2 roues un peu inutilement puissant pour la ville, et nettement pas assez pour la route. Mais ça tombe bien, de façon générale je n’aime pas la route; je n&#8217;aime pas conduire! Mais enfin là, ça représentait quand même pour moi un petit morceau. Et ceci, chargée comme un âne car bien sur, on ne se déplace pas sans rien pour un voyage initialement prévu pour un durée de 3 mois !</p>
<p>Quoi qu’il en soit je l’ai fait ! Le 7 octobre vers 14 heures, j’ai quitté la maison des copains chez qui j’étais hébergée pour mes derniers jours à Marseille, j’ai scotché sur mon pare-brise l’itinéraire Marseille Toulon et surtout, Civitavecchi/ via Valerio Publicola, à Rome. Un sorte de GPS « à l’ancienne » : J’ai harnaché mon gros sac à dos à la place du passager sur le scooter, j’ai respiré un grand coup et j’ai démarré. C’est ainsi que je suis sortie de Marseille, direction la Gineste.</p>
<p>La Gineste est un col entre Marseille et Cassis d’où l&#8217;on domine la mer. La Gineste je ne la prends jamais, ni en voiture, ni en scooter car qui dit col dit virages. Je n’aime pas. Mais enfin c’était ça ou l’autoroute et l’autoroute avec le scooter, même si c’est autorisé par le code de la route français, je trouve ça assez dangereux.</p>
<p>Le mécano à qui j’avais demandé comment réagirait mon « bolide » à la route m’avait recommandé de le laisser refroidir toutes le 20 bornes, pour une question de taille de ventilateur. Un arrêt « le temps d’une cigarette ». Je me suis donc arrêtée un première fois à La Ciotat, pile devant la pancarte. Je ne fume pas alors… J’ai envoyé un texto à Manouche pour lui dire «jusqu&#8217;ici tout va bien». Ensuite j’ai pris une photo : du scooter, du sac à dos, de la pancarte La Ciotat. Pour immortaliser le moment, le passage d’une « frontière ». Puis j’ai repris la route.</p>
<p>J’ai passé Cassis et je suis entrée dans le Var. Je vous le dis à vous : je me sentais fière sur mon 125, avec mon sac à dos et mon billet pour Rome dans la poche, une aventurière. Bien entendu, je suis arrivée au port avec 4 heures d’avance. On est anxieuse ou on ne l’est pas ! J’ai toujours des siècles d’avance lorsque je prends un train, un avion, un bateau.</p>
<p>Le port d’embarquement de mon ferry napolitain est une sorte de no man’s land, un grand parking au milieu de nulle part, un nowhere entre La Seyne sur Mer et Toulon. C’est là que j’ai attendu, au milieu des semi-remorques et des routiers d’Europe de l’Est, mon scooter rose garé tel un jouet devant les camions énormes.</p>
<p>J’ai lu, j’ai discuté avec les chauffeurs, j’ai rêvassé. La nuit a fini par descendre un peu. J’ai senti qu’on allait embarquer. J’ai passé un coup de fil, le dernier avec mon cellulaire français, pour dire au revoir…</p>
<p>A cheval sur le scooter je me suis enfoncée dans la grande gueule du ferry. Qu’il me semblait minuscule mon 2 roues dans ce hangar flottant gigantesque, avec les moteurs qui tournaient de toutes parts ! Un homme m’a aidé à l’attacher aux parois, pour qu’il ne tombe pas pendant la traversée. Je suis entrée dans ma cabine, j’ai posé mon sac&#8230;</p>
<p>J’avais réservé dans une cabine à 4 couchettes mais par chance, il n’y avait que moi dans cette micro maisonnette avec douche. Grand luxe ! Jour de chance ! J’ai diné au milieu des routiers. J’ai rencontré un hollandais je crois, qui traversait l’Europe en vélo. Je l’ai laissé profiter de ma douche puis je me suis couchée. Au matin, j’ai regardé par le hublot. Nous longions la cote. La cote italienne ! Ce fut un moment fort pour moi, comme si on me montrait dans sa longueur le pays où j’allais habiter. Je me répétais « c’est l’Italie. C’est là que tu vas ».</p>
<p>Puis nous sommes arrivés. J’ai rattaché mon bardas à la place du passager. J’ai mis mon casque, mon blouson renforcé aux épaules et aux coudes, je suis sortie de la gueule du bateau. J’ai demandé la route pour Rome, en italien. Enfin, en italien… comme j’ai pu quoi !</p>
<p>Ca a peut-être l’air de rien mais à vivre, pour moi c’était important. Ce n’est pas comme de descendre de l’avion et de prendre un taxi. Là, sur la route, avec mon scooter immatriculé en France, on débarquait en Italie ! Puis je suis entrée dans Rome. Non mais vous l’imaginez le moment ? D’un coup ce fut écrit ROME. Ca m’a rappelé mes cours d’Histoire. Cette phrase que disent parfois les professeurs « les soldats sont entrés dans la ville ». Et bien j’y ai repensé à ce moment là et pour la première fois j’ai visualisé ce que c’est que de « rentrer » dans une ville.</p>
<p>Autant vous dire que mon magnifique plan scotché sur mon pare-brise n’avait rien mais alors RIEN à voir avec le nom des rues que je voyais. Et bien entendu, la seule carte de Rome que j’avais étais tout à fait, parfaitement et définitivement inaccessible sous un millier de choses ! Mais j’ai continué d’avancer, dans la circulation romaine. Comment on dit « Inch allah » en italien ? Ah oui, « in bocca al lupo »…</p>
<p>Bon, tout le monde m’avait dit « rouler à Rome c’est terrible » Mais pour moi ce ne le fut pas tant que ça je dois dire. Non pas que je sois un bon conducteur, je pense que je ne le suis pas. Mais juste parce qu’à Rome on roule exactement comme à Marseille. Tout le monde fait n’importe quoi en effet, mais j’étais habituée !</p>
<p>J’ai suivi les grands axes, j’ai fini par arrivée devant le Coliseum. Vous imaginez la sensation de la « petite française », devant le Coliseum, sur son scooter de Barbie, débarquée là, avec une adresse et un sac à dos, pour une durée un peu floue ? C’est que je ne suis pas du tout mais alors pas du tout une routarde moi. Je suis une femme rationnelle, bourgeoise, qui met des bougies dans son appartement, qui ne boit du vin que dans un verre en verre, qui, qui, qui…Enfin, en principe ! Et pourtant, je l’ai fait.</p>
<p>Bien entendu, est arrivée le moment ou il a bien fallu me dire que j’étais complètement perdue et que la via Valerio Publicola « à coté du métro Lucio Sestio », je ne la trouverais jamais. Surtout avec mon sens de l’orientation !</p>
<p>Avec mon italien quasi inexistant, j’ai donc demandé mon chemin à une petite nana qui s’apprêtait à chevaucher son scooter. Elle m’a regardée. Elle a regardé mon chargement, ma plaque d’immatriculation française. Elle a fait un tour sur elle même comme font les gens quand ils se demandent comment ils vont bien pouvoir vous expliquer simplement un truc super compliqué. Elle a regardé l’heure et elle m’a dit : « j’ai une demi heure. Suivez moi, je vous mène sur la route ». Et là je me suis dit « j’adore ce pays ! Une chose comme ça, dans une grande ville française : impossible ! »</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Tous droits réservés&nbsp;&raquo; ACSM 21 fevrier 2009<br />
</em></p>
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